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Fora’ESS : « Les femmes ne sont pas des bénéficiaires, mais les décideuses de l’économie sociale et solidaire »

  • Fora’ESS : « Les femmes ne sont pas des bénéficiaires, mais les décideuses de l’économie sociale et solidaire »

L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) en Afrique franchit un nouveau cap historique. En prélude à l’ouverture officielle du deuxième Forum africain de l’économie sociale et solidaire (Fora’ESS) à Dakar, le Pré-forum des femmes a donné le ton d’une véritable révolution socio-économique à l’échelle du continent. C’est à travers les mots forts du ministre sénégalais de la Microfinance et de l’ESS, Alioune Dione, que le message a résonné : « Vous n’êtes pas des bénéficiaires. Vous êtes des actrices, des décideuses, des transformatrices sociales. »

Les 4 piliers d’une économie inclusive : L’ambition du Fora’ESS

Le modèle défendu lors de ce sommet continental repose sur une idée centrale : replacer l’humain et l’impact social avant la seule recherche de profit. Pour transformer durablement le quotidien des femmes entrepreneuses et travailleuses sur le continent, la stratégie africaine de l’ESS s’articule désormais autour de quatre axes majeurs :

1. La structuration : Consolider les coopératives productives et formaliser les groupements de production locaux pour peser davantage sur les marchés.
2. La formation : Développer des programmes ciblés axés sur l’éducation financière, la maîtrise des outils numériques et la gestion d’entreprise.
3. Le financement préférentiel : Faciliter l’accès aux microcrédits en créant des mécanismes de garantie et des lignes de crédit allégées pour contourner le piège de l’endettement d’usure.
4. La gouvernance : Impliquer directement et massivement les femmes dans les cercles de décision politique et les instances de gouvernance économique.

Refonder la microfinance : Le défi de la souveraineté économique

L’un des points névralgiques abordés lors de ce pré-forum concerne la refonte globale de la microfinance. Pour les participants, les mécanismes actuels de crédit doivent cesser d’être des outils d’étouffement financier pour devenir de véritables leviers de souveraineté économique.

« Il faut rompre avec les logiques d’assistance passive », a insisté le ministre Alioune Dione, appelant à la création de banques de projets et de fonds de mutualisation solidaires capables d’offrir des alternatives concrètes aux taux d’intérêt souvent écrasants du secteur informel ou privé.

Vers une alliance africaine des femmes de l’ESS

L’événement de Dakar pose ainsi les jalons d’un réseau interconnecté à travers tout le continent. L’appel lancé pour créer une véritable alliance africaine des femmes engagées dans l’ESS vise à mutualiser les forces et les expertises.

Qu’il s’agisse de commerce équitable, de digitalisation des circuits courts ou de labellisation des produits locaux, cette dynamique panafricaine a pour ambition de briser l’isolement des petites structures productives, de sécuriser les revenus des travailleuses et de faire de l’ESS le moteur principal du développement inclusif en Afrique.

 

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