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- société
La Tunisie a célébré la Journée olympique mondiale ce week-end. Menées par le Comité National Olympiques Tunisien (CNOT), les festivités officielles ont investi le stade de la cité Hellal, àTunis. Si le choix du lieu est un symbole fort de décentralisation et d’inclusion, cet événement festif ne doit pas masquer une réalité beaucoup plus brute. Au-delà des sourires, des démonstrations et des ballons distribués le temps d’une matinée, une question s’impose : suffit-il d’une journée de célébration pour masquer le manque criant d’infrastructures et de moyens qui asphyxie le sport de masse en Tunisie ?
Prêcher les valeurs de l’olympisme — l’effort, le respect, la persévérance — est une excellente chose. Mais ces valeurs sonnent creux si elles ne s’accompagnent pas d’une strtégie durable.
Le sport de proximité : une bouée de sauvetage
Dans nos quartiers populaires et nos régions intérieures, le sport n’est pas un luxe, c’est une bouée de sauvetage. C’est le seul rempart contre la marginalisation et l’oisiveté pour des milliers de jeunes. Pourtant, le constat sur le terrain reste sévère : terrains vagues en guise de complexes sportifs, équipements obsolètes, clubs locaux au bord de la faillite et absence de formateurs qualifiés.
Organiser une journée de fête à la cité Hellal met en lumière ces zones délaissées, mais cela rappelle aussi l’urgence d’agir les 364 autres jours de l’année. Le talent tunisien existe, il est même immense, mais il survit trop souvent grâce aux sacrifices des familles et au bénévolat de quelques passionnés, plutôt que grâce à un système structuré.
Passer du symbole à l’investissement réel
L’idéal olympique ne peut pas se nourrir uniquement de symboles. Pour que le sport devienne un véritable levier de citoyenneté et d’ascension sociale, il faut des budgets, une vision à long terme et un maillage territorial sérieux. Le CNOT et le ministère de tutelle doivent transformer ces élans festifs en engagements contractuels : rénover les terrains de quartier, subventionner les petites associations et intégrer le sport comme un pilier incontournable du développement urbain.
La réussite de cette Journée olympique prouve une chose : notre jeunesse a une soif immense de sport, de reconnaissance et d’encadrement. Ne la décevons pas. Les médailles de demain et la stabilité de notre tissu social se jouent ici, dans ces quartiers, à condition qu’on leur donne enfin les moyens de leurs ambitions.
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