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Pourquoi les choses ne changent pas?

  • Pourquoi les choses ne changent pas?

Parce que nos réactions sont ponctuelles.

Parce que nos revendications sont éphémères.

Rares sont ceux et celles qui mènent un combat dans la durée. Un événement créé une réaction en masse immédiate pendant quelques jours puis (malheureusement) se transmet en un fait divers parmi d’autres. Cette semaine trois événements ou faits ont entraîné des réactions virtuelles : les attaques israéliennes contre les palestiniens, le cafouillage et la mauvaise gestion de la crise du Chef du Gouvernement H. MECHICHI et enfin le meurtre d’une citoyenne tunisienne par son mari violent (qui est un représentant de la loi!). Pour les trois événements on a vu des réactions « virtuelles » sur les réseaux sociaux : dénonciations en masse, partage de photos et badges au niveau des photos de profils. Et comme on le sait tout, généralement notre solidarité s’arrête là. Si pour certains événements, on n’a pas d’autres alternatives que manifester notre solidarité virtuelle parce que c’est un évenement qui nous dépasse et qu’on se sent impuissant à notre échelle (ce qui est vrai en plus!). Et là je parle de ce que les palestiniens subissent chez eux et sur leur terre depuis des décennies. Pour d’autres évenements, notre mobilisation virtuelle pourrait aboutir à quelque chose de concret et de réel et limite c’est dommage de ne pas profiter de cet élan facebookien. Et là je parle de tristes évenements qui se passent sous nos cieux. Pour le Chef du Gouvernement, c’est une histoire de temps, il finira par partir. Mais pour Refka Cherni, c’est différent. Tous les jours des femmes sont victimes de violence. Celles parmi ces victimes qui osent aller porter plainte sont souvent refoulées du poste de police. Ça ne sert à rien d’avoir des lois si on ne fait que s’en vanter et si elles ne sont pas appliquées en réalité.

Pour REFKA, il faut que cet élan de solidarité aboutisse à quelque chose de positif, à une initiative, à un vrai changement dans la prise en charge des femmes qui veulent sauver leurs vies et se libérer de leurs maris violents. Y a t il un numéro vert pour les femmes violentées et qui les oriente vers les structures adéquates dans chaque ville? Ou une messagerie (sms) pour celles qui ne peuvent pas parler sans que leurs bourreaux les entendent? Y a t il une cellule d’écoute? Y a t il un bureau dédié à recevoir ces femmes dans les postes de police avec des agents formés pour ce genre d’incident pas des policiers machos qui pensent toujours que la femme a provoqué son mari et l’a poussé à la violenter? Y a t il un service d’urgence avec véhicule d’urgence qui passe sortir une femme de chez elle avec ses enfants et les mets en sécurité au milieu de la nuit? Y a t il des actions de sensibilisation au niveau des lycées et universités afin de changer les mentalités et les faire évoluer? Non? Y a pas?

Et bien ne laissons pas la mort de REFKA CHERNI passer en fait divers. Ne laissons pas cette mobilisation virtuelle se dissiper. Des revendications devraient voir le jour pour qu’il n’y ait plus d’autres REFKA, pour que les autorités et leurs représentants prennent au sérieux chaque plainte et jouent leur vraie rôle : la protection des citoyens.

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