Après l’Aïd el-Idha, la Fête des mères : Chronique d’un passage de témoin émotionnel
- société
Par la Rédaction de Femmes Maghrébines | Publié le 6 juin 2026
Au lendemain d’une énième Journée mondiale de l’environnement saturée de promesses politiques creuses, une réalité scientifique et économique s’impose : l’élite technocratique traditionnelle échoue à freiner la crise.
Mais là où les institutions piétinent, les femmes prennent les commandes. De la gestion des milliards de la finance internationale à l’agro-business résilient du sud tunisien, focus sur celles qui transforment le stress hydrique en un levier de souveraineté.
Et les chiffres prouvent qu’elles ont scientifiquement raison.
L’effet « Femme » sur le climat : Ce que disent les chiffres mondiaux
Les données internationales brisent définitivement le vieux cliché paternaliste : non, l’intérêt des femmes pour l’environnement n’est pas une question de pure sensibilité, c’est une compétence stratégique majeure.
Moins d’émissions de CO2 : Selon les recherches de l’Université d’Urbino, une augmentation d’un seul point de l’indice d’autonomisation politique des femmes dans un pays est corrélée à une baisse moyenne de 11,5 % de ses émissions.
Une gestion d’entreprise plus verte : Les indicateurs de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) révèlent que les entreprises dirigées par des femmes obtiennent de bien meilleurs scores ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) et investissent plus massivement dans l’efficacité énergétique.
Des investissements plus propres : Le Fonds Européen d’Investissement démontre que les institutions financières gérées majoritairement par des femmes prêtent nettement moins aux industries lourdes et polluantes que leurs homologues masculins.
Le paradoxe du pouvoir : Malgré ces preuves tangibles, le sommet de la gouvernance reste un entre-soi. Lors des récentes COP, à peine 20 % des délégations nationales étaient dirigées par des femmes. En Tunisie, trois leaders ont décidé de briser ce plafond de verre par l’action.
L’agriculture tunisienne se meurt de la sécheresse, asphyxiée par des choix de gestion de l’eau obsolètes. Face à ce désastre, Sarah Toumi n’a pas attendu les réformes : elle a mené une révolution de terrain avec Acacias for All.
En imposant la culture du Moringa et de l’amande dans les zones les plus arides du pays, elle a brisé le cercle vicieux de la dépendance aux aides étatiques.
L’impact clé : Elle a rendu leur souveraineté économique à plus de 300 agricultrices rurales, historiquement invisibilisées et exploitées. En structurant une chaîne de valeur 100 % féminine, de la terre à l’exportation, elle prouve sur le terrain ce que la BEI démontre dans ses rapports : le leadership féminin est le moteur de la transition adaptative.
Hela Cheikhrouhou : Forcer les coffres-forts de la finance mondiale
On ne combat pas le changement climatique avec de bonnes intentions, on le combat avec des budgets. Et dans ce monde très masculin de la haute finance, Hela Cheikhrouhou a imposé sa voix.
Première Directrice exécutive du Fonds Vert pour le Climat de l’ONU, cette économiste et ancienne ministre tunisienne a géré les milliards de la transition mondiale. Sa posture est un pavé dans la mare des institutions : l’Afrique et la Tunisie ne doivent plus quémander de la charité, mais exiger des investissements massifs et stratégiques.
L’Afrique est trop souvent condamnée à subir les technologies développées ailleurs. Zohra Slim, cofondatrice de la licorne InstaDeep (rachetée par BioNTech pour 680 millions de dollars), a brisé ce monopole.
L’intelligence artificielle qu’elle a contribué à développer en Tunisie n’est pas un gadget de la Silicon Valley, c’est un outil de survie. En mettant la puissance des algorithmes au service de la prédiction des rendements agricoles et de l’optimisation énergétique, elle rappelle que les ingénieures tunisiennes ont les cerveaux pour concevoir les solutions de demain. C’est une déclaration d’indépendance technologique face au chaos climatique.
L’écologie n’est pas un luxe de pays riches ni un sujet de fin de journal. C’est le terrain de la lutte féministe de notre siècle. Les chiffres prouvent notre efficacité, il ne nous reste plus qu’à occuper l’espace.
Pour passer à l’action concrète sur notre territoire, voici les trois piliers indispensables à activer :
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