Réhabiliter la confiance comme actif économique : la véritable richesse de notre pays
- société
Alors 3allouch ou pas 3allouch : Entre foi, pression et inflation.
Par Jihène Sayari
C’est la question qui brûle toutes les lèvres à l’approche de l’Aïd.
Dans chaque coin de rue, sur chaque fil d’actualité, le mouton est devenu le centre du monde. Mais cette année, avec des prix qui s’envolent sur le marché, la discussion prend une tournure amère.
Il y’a d’abord le piège de la « tradition » pour les enfants:
Beaucoup pensent réaliser le rêve de leurs gamins en ramenant un mouton à tout prix.
Mais quel message leur transmet-on réellement ? Est-ce un acte de foi ou une leçon de mauvaise consommation ? En voulant les émerveiller, on risque surtout de leur apprendre que l’apparence prime sur la raison et la spiritualité.
Puis vient la dictature du jugement:
Le plus triste reste cette police des mœurs qui s’improvise juge de la foi d’autrui. Si tu n’achètes pas, tu es « mécréant » ? Rappelons une vérité essentielle : Dieu n’a jamais exigé qu’un homme pleure de détresse pour le prix d’une bête. Il n’a jamais demandé qu’un foyer se déchire ou qu’un homme sacrifie la vie de sa femme pour une tradition qui doit rester un choix, pas un fardeau.
Enfin le paradoxe de la consommation:
Le constat est frappant :
– Les plus aisés y réfléchissent à deux fois avant d’investir une telle somme dans la consommation pure.
– Les moins aisés, eux, s’endettent parfois sur des mois pour répondre au « qu’en-dira-t-on ».
Cette course effrénée ne fait qu’alimenter une inflation galopante et rendre la vie impossible à ceux qui luttent déjà pour joindre les deux bouts.
Alors, où est l’erreur ? Peut-être dans le fait d’avoir transformé un moment de partage et de sacrifice spirituel en une compétition sociale épuisante.
Alors 3allouch ou pas 3allouch ? La réponse devrait appartenir à votre conscience et à votre budget, pas au regard de votre voisin.
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