À la veille des festivals d’été : Le plaidoyer pour l’excellence que la Tunisie mérite
- société
À l’occasion de la Journée internationale des femmes ingénieures, célébrée ce 23 juin, la rédaction de Femmes Maghrébines dresse le bilan d’une exception tunisienne. Si nos campus affichent une parité qui fait pâlir d’envie les pays occidentaux, le véritable défi se joue désormais au sommet : transformer ces 45 % de talents en leaders de la haute décision.
Par la rédaction de Femmes Maghrébines
Chaque 23 juin, la Journée internationale des femmes ingénieures résonne à travers le monde comme un rappel de la nécessité de briser les stéréotypes dans les métiers scientifiques. Mais en Tunisie, cette journée revêt une saveur toute particulière. Elle n’est pas le rappel d’un retard à combler, mais la célébration d’une victoire éclatante.
Avec 45 % de femmes parmi les ingénieurs du pays, la Tunisie se hisse fièrement aux avant-postes mondiaux de la féminisation des STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques). Une réalité qui n’est pas le fruit du hasard, mais l’héritage de décennies d’investissement dans l’éducation et d’une foi inébranlable dans le potentiel des Tunisiennes.
L’exception tunisienne qui défie les statistiques mondiales
Pendant que de grandes puissances industrielles peinent encore à féminiser leurs effectifs — la France, par exemple, stagne à environ un quart de femmes dans les filières d’ingénierie et d’informatique —, la Tunisie trace sa propre route.
Les derniers chiffres du Recensement général de la population et de l’habitat sont sans équivoque : 67,8 % des diplômés de l’enseignement supérieur dans notre pays sont des femmes. Sur les bancs des écoles d’ingénieurs, dans les laboratoires de recherche en intelligence artificielle ou les incubateurs de deep-tech, les jeunes Tunisiennes ne font pas que participer : elles excellent, encouragées par des programmes d’accompagnement phares comme l’initiative WYSE soutenue par ONU Femmes Tunisie.
Le constat est posé : La question n’est plus de savoir si les femmes ont leur place dans les sciences. Elles l’ont prise, par le mérite et le talent.
Le paradoxe tunisien : Brillantes en labo, invisibles au sommet
Pourtant, cette Journée internationale doit aussi être l’occasion d’une prise de conscience lucide. Derrière la success story académique se cache un plafond de verre persistant. C’est le grand paradoxe tunisien : si les femmes conquièrent les compétences, les postes stratégiques de décision restent encore largement masculins.
Combien d’ingénieures tunisiennes deviennent directrices d’usines ? Combien dirigent des multinationales technologiques, pilotent la gouvernance industrielle ou siègent dans les conseils d’administration des grands groupes ? Trop peu. Comme l’ont souligné plusieurs experts lors de la récente Journée internationale des femmes dans l’industrie, le curseur doit impérativement déplacer son objectif : l’enjeu n’est plus l’accès aux métiers techniques, mais l’accès au pouvoir économique.
Promouvoir le leadership des ingénieures n’est plus seulement une question de justice sociale ou d’égalité des chances. C’est un choix hautement stratégique pour l’avenir économique de la Tunisie.
Dans une économie mondiale gouvernée par l’innovation, la transition numérique et la transition énergétique, se priver de la moitié de nos cerveaux les plus brillants à la table des décisions est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. Chaque ingénieure, chaque chercheuse, chaque experte en tech qui accède à des fonctions de direction apporte une vision neuve, renforce la compétitivité de nos entreprises et accélère notre transformation industrielle à forte valeur ajoutée.
Écrire le prochain chapitre : Du diplôme au pouvoir
Le message de cette journée internationale est clair : la Tunisie a brillamment réussi la première phase de sa révolution scientifique féminine en démocratisant l’excellence. Il est temps d’ouvrir le second chapitre : celui du leadership industriel et technologique.
L’avenir de l’ingénierie tunisienne se conjugue déjà au féminin sur le terrain. Donnons-lui désormais toute la place qu’il mérite au sommet. Mesdames, les plans sont prêts, les compétences sont acquises : le fauteuil de direction vous attend.
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