Voici pourquoi il faut apprendre à dire NON ?
- société
Il y a des rencontres qu’on croit préparer.
Puis il y a celles qui nous traversent.
Celles qui nous rappellent doucement qu’au-delà des questions, des réponses et des rôles que l’on porte, il existe des liens qui se reconnaissent ailleurs. Plus profondément. D’âme à âme. De cœur à cœur.
Ma rencontre avec Shiraz Gaieb fait partie de celles-là.
Tunisienne d’origine, installée au Canada, coach depuis dix ans, auteure de deux livres ( avec un troisième déjà en train de frapper à la porte du monde), Shiraz accompagne aujourd’hui des femmes en quête d’alignement, de liberté intérieure et de retour à soi.
Mais derrière les titres, les accompagnements, les heures de coaching et les concepts puissants, il y a surtout une présence. Une femme qui parle avec le cœur. Une femme qui ressent avant d’expliquer.
Et aujourd’hui, c’est avec ma casquette de chroniqueuse au sein du magazine Femmes Maghrébines, mais surtout avec des bras grands ouverts et un cœur pleinement accueillant, que je vous invite à entrer dans cet espace de confidence sacrée.
La petite fille dans sa bulle… et l’interprète de l’invisible
« Depuis gamine, je suis dans ma bulle. »
Shiraz ne commence pas notre échange par ses diplômes ou ses certifications. Elle commence par une enfant. Une petite fille introvertie peut-être, mais surtout profondément habitée par un monde intérieur immense.
Le monde extérieur, elle le trouvait gris. Comme si quelque chose manquait à la réalité telle qu’on la lui présentait. Alors elle imaginait autre chose.
Depuis ses 10 ans, elle écrit de la poésie. Une poésie qu’elle décrit elle-même comme “grise”, elle aussi. Au lycée, elle rêve de devenir interprète.
Mais parce qu’elle est “bonne en maths”, on l’oriente naturellement vers un parcours scientifique. Ingénierie mécanique. Industrie de la mode. Enseignement universitaire. Un parcours brillant, structuré et très mental.
Très éloigné, en apparence, de cette enfant poétique.
En apparence seulement.
« Aujourd’hui, je comprends que c’était déjà ma vocation. Je traduis la langue de l’invisible. Le langage des émotions. Le langage des blessures. Quelque part… je suis interprète aujourd’hui. »
Puis elle me confie doucement :
« C’est la première fois que j’en parle. »
Et cette phrase-là aussi, je l’ai accueillie avec soin.
« Je n’ai pas aimé la fin »
Le véritable tournant de sa vie n’est pas venu d’une formation.
Il est venu d’un rêve.
Un rêve dans lequel elle a vu toute la ligne de vie sur laquelle elle se trouvait alors. Jusqu’au bout. Jusqu’à la fin.
Et cette fin… elle ne l’a pas aimée.
Dit comme cela, simplement, sans drame, cela paraît presque léger. Pourtant, ce rêve a bouleversé toute sa trajectoire.
« Ça a été un réveil sur tous les plans. »
À partir de là, la vie semble lui envoyer des rencontres décisives : le Feng Shui, le yoga, la méditation, le coaching.
Comme si l’univers lui ouvrait progressivement une autre porte.
Formée en 2013, coach depuis 2014 et à plein temps depuis 2016, Shiraz Gaieb célèbre aujourd’hui dix ans de coaching.
Quand je lui demande si être coach est pour elle un métier, une mission ou une manière d’aimer les autres, elle sourit immédiatement :
« Je peux dire les trois ? »
Puis elle apporte une nuance magnifique.
Selon elle, la mission d’âme est ce que notre âme est venue transmettre au monde. Sa propre mission d’âme est claire : transmettre. Enseigner. Éclairer.
Elle rajoute : « Une mission de vie, elle, est la manière concrète et consciente de donner forme à cette mission d’âme. »
Et le coaching est celle qu’elle a choisie en conscience.
« Et forcément, comme c’est une expression consciente de la mission d’âme… elle ne peut être que dans l’amour. »
Cette phrase a particulièrement résonné en moi. Elle m’a profondément touché.
Envol : un merci à la vie
Il y a deux ans naissait le programme Envol.
Onze femmes. Un cercle. Un voyage intérieur.
1 729 heures d’accompagnement cumulées.Et surtout… une expérience profondément humaine.
Et laissez moi vous dire un scoop : J’y étais.
Alors quand je demande à Shiraz ce qu’Envol représente réellement pour elle, sa réponse arrive sans hésitation :
« C’est ma manière de dire merci à la vie. »
Sa voix change légèrement lorsqu’elle parle de ces femmes qui, après un immense travail intérieur, découvrent enfin qu’elles peuvent choisir leur vie.
Parce que selon elle, beaucoup arrivent après avoir déjà énormément cheminé. Elles ont travaillé sur elles, compris beaucoup de choses… et pourtant leur réalité extérieure n’a pas encore changé.
Ce décalage crée une douleur étrange : celle de ne plus se reconnaître dans sa propre vie.
Alors commence le travail sur ce qu’elle appelle “les élastiques” : ces croyances invisibles, ces conditionnements, ces blessures qui nous ramènent constamment en arrière.
Et lorsqu’ils se libèrent, quelque chose s’ouvre.
« Elles découvrent des paliers de liberté intérieure. »
Une femme devient coach et passe à la télévision. Un autre ose écrire. Une autre encore change complètement de trajectoire.
Pas parce qu’elles deviennent quelqu’un d’autre.
Parce qu’elles s’autorisent enfin à être elles-mêmes.
Alors oui, Shiraz… au nom de toutes celles qui ont traversé Envol : MERCI.
Ton merci à la vie, nous l’avons entendu. Et nous te le rendons avec une gratitude profondément réciproque.
Revenir à l’essentiel : enlever, pas ajouter
Dans un monde où tout va vite, où les femmes portent mille rôles à la fois, je lui demande ce que signifie réellement “revenir à l’essentiel”.
Sa réponse est immédiate.
« C’est enlever tout ce qui n’est pas nous. »
Pas ajouter.
Pas optimiser.
Enlever.
Retirer les conditionnements. Les mécanismes de survie. Les masques des blessures.
Jusqu’à toucher ce qu’il reste dessous.
Puis elle ajoute quelque chose qui m’a profondément marquée :
« Les femmes oublient qu’à l’intérieur d’elles vit une étincelle divine. Une force de créativité illimitée. Une force d’amour illimitée. »
Cette lumière est souvent étouffée par tout ce que les autres ont projeté sur elles.
Alors lorsqu’une femme découvre enfin certaines parts d’elle-même et demande, étonnée :
« Ça… c’est moi aussi ? »
Shiraz répond avec une tendresse désarmante :
« Mais oui. C’est toi. »
Elle parle aussi de l’enfant intérieur. De cette partie pure que nous abandonnons parfois en grandissant. Et surtout de ce “parent intérieur” que nous devons apprendre à éduquer pour pouvoir enfin aimer et protéger cet enfant en nous.
« Éduquez votre parent intérieur pour qu’il puisse aimer votre enfant intérieur. »
J’ai trouvé cela infiniment beau.
Le scoop spirituel : « La vie est une constellation géante »
Au cours de notre échange, Shiraz Gaieb m’a offert ce qu’elle appelle elle-même “un scoop”.
Et honnêtement… je crois que cette phrase restera longtemps en moi.
« La vie est une constellation géante. »
Selon elle, chaque personne qui entre dans notre vie représente parfois quelqu’un d’autre : un parent, une blessure, une relation non résolue.
La vie nous enverrait ainsi des opportunités de guérison « déguisées » en rencontres humaines. Une manière complètement différente de regarder les conflits, les attachements ou les relations difficiles.
Non plus comme des fatalités.
Mais comme des invitations à résoudre.
« Si tout le monde voyait les choses comme ça, il y aurait beaucoup plus de guérison. »
Et peut-être a-t-elle raison.
Écrire pour comprendre puis transmettre !
L’écriture, chez Shiraz, n’est pas un simple prolongement du coaching.
C’est un espace de cristallisation.
« Les échanges dans le cadre du coaching sont là le temps de la séance. Le livre reste. »
Les mots écrits peuvent être relus, revisités, intégrés autrement.
Mais écrire lui permet aussi de vérifier ce qu’elle a réellement compris.
« Quand j’écris, je vois ce que j’ai vraiment intégré… et ce que je n’ai pas encore complètement digéré. »
Puis elle ajoute cette phrase magnifique :
« Quand tu apprends à l’autre, tu es en train d’apprendre toi aussi. »
Son troisième livre, prévu pour fin 2026 ou début 2027, portera sur les missions d’âme. Un ouvrage qui portera sur les missions d’âme en exposant une notion majeure du « défi d’incarnation », cet équilibre indispensable entre donner et recevoir, entre l’être et le faire.
Et lorsqu’elle me parle de ce livre, quelque chose change encore dans son énergie.
Je lui demande :
« Si ce livre était une personne… il aurait quel âge ? »
Elle éclate presque de rire avant de répondre :
« C’est un adulte. Il est arrivé déjà formé. »
Comme un projet imposé par la vie elle-même.
Un livre qu’elle n’avait pas prévu d’écrire maintenant… mais qui a insisté pour naître.
Les synchronicités : des souvenirs du futur
Parmi toutes les phrases partagées durant cette rencontre, il y en a une que je garderai précieusement :
« Les synchronicités sont des souvenirs du futur. »
Autrement dit : si un désir profond nous appelle, si une intuition revient sans cesse, si quelque chose résonne intensément en nous… peut-être que cela vient déjà d’un futur qui nous attend.
« Nous sommes bien plus grandes qu’on ne le croit »
À la fin de notre échange, je lui demande quel message elle aimerait transmettre aux femmes qui nous lisent.
Particulièrement à celles qui cherchent encore leur place. Leur voix. Leur envol.
Sa réponse est d’une immense douceur :
« Si vous pouviez vous voir à travers les yeux des gens qui vous regardent vraiment dans l’âme… jamais vous ne douteriez de vous. »
Puis elle ajoute :
« Nous sommes bien plus grandes qu’on ne le croit. En toute humilité. »
Et je crois que tout l’entretien pourrait se résumer à cela.
Les liens de cœur à cœur
Avant de nous quitter, je lui partage un petit rituel personnel.
J’ouvre au hasard mon livre fétiche « La vie est belle » et nous découvrons ensemble cette phrase :
« Faites confiance à la petite voix dans votre tête qui dit : “Je me demande si je ne devrais pas…” et faites-le. »
Selon Shiraz et moi, il est impossible de trouver une conclusion plus juste.
Parce qu’au fond, cette rencontre parlait peut-être surtout de cela :
Oser écouter cette petite voix intérieure.
Oser revenir à soi.
Oser répondre à l’appel.
Quand je demande enfin à Shiraz ce qu’elle garde comme essentiel après cet échange, elle me répond simplement : « Si notre conversation avait eu ce goût-là …ce temps qui passe sans qu’on le voit… c’est parce que notre lien est de cœur à cœur. Et elle a partagé une promesse qu’elle aimerait se faire à elle-même : n’entretenir que ces liens-là.
Je lui ai dit que je le lui souhaitais de tout mon cœur.
Et elle répondit « Je nous le souhaite à toutes … »
Et moi, c’est exactement ça que je retiens.
Pas seulement les mots puissants. Pas seulement les synchronicités comme souvenirs du futur,
la constellation géante, le défi d’incarnation à côté de la mission d’âme.
Ce sont des idées qui méritent d’être méditées longtemps.
Ce qui me reste aussi, bien au fond de moi-même, c’est la qualité de présence de cette femme.
Il y a des personnes qu’on rencontre et qui vous rendent un peu plus grandes, simplement en étant ce qu’elles sont.
Et, Shiraz Gaieb est de celles-là.
Sonia Salah KADRI
Coach & Manager · Graine de journaliste
Cette interview se passe une année jour par jour après un échange avec Shiraz à propos des constellations… Cette interview est un souvenir du futur déjà manifesté le 16 Mai 2025 pour vous chères lectrices de « Femmes Maghrébines ».
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