À la veille des festivals d’été : Le plaidoyer pour l’excellence que la Tunisie mérite
- société
Le Global Gender Gap Report 2025, publié récemment par le Forum économique mondial, dresse un état des lieux des inégalités entre les sexes dans 156 pays. La Tunisie y figure à la 123ᵉ place, loin derrière plusieurs pays africains et arabes. Un classement qui soulève des interrogations dans un pays longtemps présenté comme avant-gardiste en matière de droits des femmes.
En 2025, la Tunisie continue de stagner dans les profondeurs du classement mondial sur la parité. Derrière des pays comme le Rwanda (7ᵉ), le Cap-Vert (26ᵉ) ou encore le Bénin (30ᵉ), la Tunisie se retrouve loin des standards internationaux, malgré son héritage juridique progressiste et son engagement historique en faveur des droits des femmes.
Les performances tunisiennes restent particulièrement faibles sur deux axes clés :
La participation économique des femmes : taux d’activité très bas, écart salarial persistant, sous-représentation dans les postes décisionnels.
Le leadership politique et économique : encore peu de femmes aux postes de direction, que ce soit dans les institutions publiques ou les entreprises.
La Tunisie n’est pas seule dans cette situation. L’ensemble du Maghreb et de nombreux pays arabes occupent les dernières places du classement :
Maroc : 138ᵉ
Algérie : 146ᵉ
Égypte : 135ᵉ
Arabie saoudite : 127ᵉ
Émirats arabes unis : 71ᵉ
Ces pays partagent des défis structurels communs : pesanteur des normes sociales, faible inclusion économique des femmes, accès inégal à la propriété, au financement et à la formation.
À contre-courant des clichés, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne figurent en haut du classement :
Le Rwanda, avec son Parlement à majorité féminine, incarne un modèle de gouvernance inclusive.
Des pays comme la Namibie, le Mozambique ou encore le Bénin progressent grâce à une volonté politique forte, des réformes institutionnelles et une valorisation des femmes dans la sphère publique.
Malgré ses atouts juridiques et une société civile féministe active, la Tunisie peine à transformer ses lois en réalités tangibles. La parité en politique reste encore fragile et le monde du travail encore très inégalitaire.
Ce classement 2025 sonne comme un rappel urgent : l’égalité ne se décrète pas, elle se construit. Et pour cela, il faut des politiques volontaristes, des financements adaptés, et une mobilisation constante de l’ensemble des acteurs économiques, sociaux et politiques.
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