×
  • The Mirage Hammamet
  • Marriott Sousse
  • ATB
  • Banque de Tunisie et des Emirats

 Elles, poètes du monde 

  •  Elles, poètes du monde 

 

   

« La poésie est la voix de l’humanité 

                                                                                                             Par Emna LOUZIR 

J’ai connu Marthia Carrozo à Bari dans le Sud de l’Italie lors des rencontres poétiques organisées dans cette ville. Frêle, gracieuse et souriante elle venait dans une étreinte amicale et poétique à la rencontre des uns et des autres partager un moment autour d’une passion commune : La poésie.

Derrière cette grande sensibilité se cache une indignation face à l’injustice. Marthia plaide la cause palestinienne. Poète engagée, elle est à l’écoute d’une humanité souffrante. Marthia Carrozzo a publié plusieurs recueils de poésie, ses textes paraissent dans diverses anthologies.

Nous voyageons avec Elle en Italie.

  • Vous êtes née en Italie, pays de Dante et d’Ungaretti. Ces deux monuments de la poésie vous ont-ils inspirée ?

Évidemment. Ce sont d’ailleurs mes deux poètes préférés. Ma démarche poétique est basée sur le rythme, sur la musicalité du vers que je compose. Je tiens à ce que  le mot  soit porté par le rythme, je travaille la construction du poème, avec la volonté d’adhérer aussi étroitement que possible à la voix, au chant. J’écris une poésie chantée que je porte sur scène.

Le lyrisme est une composante fondamentale de la poésie, aussi bien dans celle qui se conforme à la métrique que dans la poésie contemporaine.

J’aime particulièrement L’hendécasyllabe, un vers composé de onze pieds ou onze syllabes, la musicalité, les rimes, le rythme, la juste ponctuation chère à la poésie de Dante et d’Ungaretti. Quand j’écris, je suis une maniaque de la sonorité, dans le choix des mots et des sonorités, jusqu’au placement de la ponctuation. J’essaie de sculpter mes poèmes, de créer un lien étroit entre le souffle, la musique et la voix.

Dans ma conception de la poésie, le verbe est action, l’action aboutit au verbe, sans coupure, le tout est porté par la voix, par la scène.

 

 

  • Vous êtes un poète à l’écoute de l’humanité. Vous défendez à travers vos textes le droit de tout un chacun à la vie et à la liberté. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

La poésie est la voix de l’humanité, je parle des passions et des souffrances humaines en m’appuyant sur les  mythes et les archétypes qui ont toujours été une sorte d’étoile, l’ours polaire qui me guide. La poésie est à la fois un acte d’amour et un acte politique, elle demande du temps, exige de la patience, de l’empathie profonde et un amour inconditionnel de l’Autre. La liberté est un droit fondamental qui est loin d’être acquis par tous, c’est le combat que je mène à travers l’écriture pour défendre ces valeurs. La poésie c’est enfouir ses mains dans les plaies des choses et essayer de ne jamais en sortir tel que vous y êtes entrés.

 

  • Votre dernier ouvrage s’inspire de la figure féminine et mythique d’Antigone. Qu’est-ce qu’elle représente pour vous ?

Mon prochain livre parlera d’Antigone (Antigone, une héroïne tragique devenue symbole de résistance). C’est une lecture personnelle de la tragédie de Sophocle. Il s’agit d’une réécriture contemporaine qui se concentre sur le courage de la princesse de Thèbes.

Dans mon œuvre Antigone est une femme palestinienne qui  défie les lois inhumaines qu’on lui impose, que l’Etat hégémonique lui dicte. Antigone en enterrant son frère porte un symbole : celui du retour à la terre pour chaque palestinien en exil. Mon livre sera publié chez Squilibri Editore dans la série des Canzoniere , dirigé par Lello Voce et Gabriel  Frasca.

  • Vous vivez à Florence, ville de l’art et de la Renaissance. Est-ce que cette ville est une source d’inspiration pour vous ? Parlez-nous de votre lien à cette cité ?

 

J’habite entre Lecce, qui est ma ville natale, et Florence. Je me suis installée en Toscane, il y à dix ans de cela. Ce sont des lieux que j’aime pour différentes raisons. Quand je suis à Florence, j’aime marcher sur les rives de l’Arno, ou encore contempler la vue panoramique de la ville depuis Piazzale Michelangelo. Mais j’aime aussi les merveilles que la cité m’offre. Marcher à Florence, c’est se perdre dans les lignes d’un livre d’histoire de l’art, c’est se laisser envoûter par la beauté de la Renaissance. Quand je suis à  Lecce, j’aime les allées du centre historique Piazza Del Duomo, les endroits les plus intimes et les plus proches de mon adolescence. Et j’aime le fait d’avoir la mer à quelques kilomètres de chez moi, sur les côtes Adriatique et lonienne. Selon les situations et les saisons, je reste à l’écoute de mon cœur, il me mène là où il voudrait être.

 

DOSSIERS SPÉCIAUX