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Le COMESA à Tunis : quand l’Afrique économique se conjugue au féminin

  • Le COMESA à Tunis : quand l’Afrique économique se conjugue au féminin

 À la fin du mois de juin 2026, Tunis ne sera pas seulement une capitale hôte de plus dans le calendrier diplomatique africain. Elle devient, le temps de quelques jours, un point de convergence stratégique où se redessine une partie des équilibres économiques du continent.

Les 29 et 30 juin 2026, la ville accueille le 3ᵉ Forum du COMESA, suivi immédiatement, du 1er au 3 juillet, par la Foire commerciale et Conférence des femmes entrepreneures du COMESA. Deux événements distincts, mais profondément liés par une même dynamique : celle d’une Afrique qui cherche à intégrer davantage ses marchés… et à donner une place plus structurante aux femmes dans cette transformation.

 

Une Afrique en quête d’intégration réelle

Le COMESA n’est pas un simple cadre institutionnel. C’est une tentative concrète de construction d’un marché commun entre plus de vingt pays d’Afrique orientale et australe, avec un objectif central : fluidifier les échanges, harmoniser les politiques commerciales et réduire les barrières économiques entre États membres.

À Tunis, les discussions du forum 2026 s’inscrivent dans une continuité claire :

accélérer le commerce intra-africain
renforcer les corridors économiques régionaux
stimuler les investissements croisés entre pays membres
soutenir la transformation des économies locales vers plus de valeur ajoutée

Mais derrière ces termes techniques, une réalité plus profonde émerge : l’Afrique cherche à produire plus de valeur en interne, et à dépendre moins des circuits extérieurs traditionnels.

 

Les femmes entrepreneures : d’actrices secondaires à force économique

Ce qui distingue particulièrement cette édition 2026, c’est la place centrale accordée aux femmes entrepreneures.

Longtemps présentes dans l’économie informelle ou dans des segments peu visibles des chaînes de production, elles sont aujourd’hui intégrées dans une logique plus structurée : celle de l’intégration économique régionale.

À Tunis, la conférence des femmes entrepreneures du COMESA met en lumière une nouvelle réalité :
les femmes ne sont plus seulement bénéficiaires de programmes d’appui, elles deviennent
actrices de l’expansion économique africaine.

Les priorités affichées sont concrètes :

accès élargi aux marchés régionaux
facilitation des exportations des PME féminines
création de réseaux B2B transfrontaliers
renforcement des capacités de financement et d’investissement
digitalisation des entreprises dirigées par des femmes

Ce basculement est fondamental : il ne s’agit plus d’inclusion symbolique, mais d’intégration économique réelle.

 

Le digital comme accélérateur d’opportunités

L’un des changements les plus structurants de cette dynamique est technologique.

Le COMESA a progressivement mis en place des outils numériques visant à connecter les entrepreneures africaines entre elles et avec les marchés régionaux. Ces plateformes permettent désormais :

la mise en relation directe entre acheteuses et fournisseurs
la visibilité des PME féminines à l’échelle continentale
la facilitation des partenariats commerciaux
l’accès à des opportunités d’exportation intra-africaine

Dans ce nouveau modèle, la géographie n’est plus une limite, mais une variable à optimiser.

 

Tunis, carrefour stratégique et vitrine africaine

L’accueil de ces deux événements successifs n’est pas anodin.

La Tunisie se positionne progressivement comme un hub de dialogue économique africain, capable de relier plusieurs espaces :

l’Afrique du Nord
l’Afrique subsaharienne
les réseaux euro-méditerranéens

Ce rôle de passerelle lui permet de jouer une fonction particulière dans les dynamiques du COMESA : celle d’un espace de rencontre entre économies, modèles et ambitions.

Mais au-delà de la diplomatie, c’est aussi une question de visibilité économique. Pour les entrepreneures tunisiennes, ces forums ouvrent une fenêtre directe sur des marchés régionaux souvent peu accessibles sans relais institutionnels.

 

Une bascule silencieuse mais structurante

Ce que révèle cette séquence de fin juin 2026, ce n’est pas seulement une série d’événements économiques.

C’est une transformation plus profonde :

l’Afrique se structure économiquement de l’intérieur
les réseaux féminins deviennent des réseaux économiques à part entière
les politiques d’intégration intègrent désormais la dimension genre comme levier de croissance
les capitales africaines, comme Tunis, deviennent des plateformes d’interconnexion régionale

Dans cette dynamique, le COMESA n’est pas seulement un cadre institutionnel. Il devient un espace où se redéfinit la place des femmes dans l’économie africaine.

 

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