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Plus de 200 acteurs non étatiques mobilisés à Tunis pour la mise en œuvre de la politique climat CDN 3.0

  • Plus de 200 acteurs non étatiques mobilisés à Tunis pour la mise en œuvre de la  politique climat CDN 3.0

Plus de 200 acteurs non étatiques mobilisés à Tunis pour la mise en œuvre de la

politique climat CDN 3.0

 

Le Forum National d’Adaptation aux Changements Climatiques en Tunisie (FNACC), avec l’appui du
Ministère de l’Environnement (UGPO-CC), du NDC Partnership, du WWF Afrique du Nord et du projet
PAGECTE de la coopération tuniso-allemande, a organisé, les 16 et 17 mai 2026 à Tunis, un séminaire
national de mobilisation des acteurs non étatiques (société civile, secteur privé, médias, communes,
experts, universitaires et organisations diverses…) afin de leur faire connaître la politique climat de la
Tunisie, étudier les expériences réussies, renforcer leur engagement et définir des plans d’actions et
propositions concrètes pour une meilleure contribution à la mise en œuvre de la stratégie CDN 3.0.
L’événement a été une occasion propice pour la réflexion et le débat sur les priorités nationales et les
initiatives d’appui sollicitées en matière d’atténuation, de résilience territoriale et d’adaptation aux
changements climatiques. Il a offert un espace structurant pour renforcer les synergies entre les
différents acteurs et intervenants non étatiques.
Dans son allocution, M. Mohamed Zmerli, facilitateur national de NDC partnership a déclaré : « La
Tunisie a officiellement publié, fin avril 2026, sa nouvelle Contribution Déterminée au niveau National
(CDN 3.0), définissant les priorités de sa politique climat en matière d’atténuation des émissions de gaz
à effet de serre, d’adaptation aux changements climatiques et de renforcement des enjeux
transversaux liés à la gouvernance, au financement et à l’inclusion sociale ». La CDN 3.0 met en
évidence la vulnérabilité du pays, notamment en matière de ressources hydriques, de sécurité
alimentaire, de biodiversité, de santé, de gestion des zones côtières et d’aménagement du territoire.
Dans cette perspective, elle vise à consolider une approche intégrée de l’adaptation, fondée sur la
résilience des écosystèmes, des territoires et des populations, tout en s’inscrivant dans une trajectoire
de développement durable à l’horizon 2035. « Face aux défis, la politique climat ne peut reposer
uniquement sur les interventions publiques sectorielles. Elle nécessite aussi une mobilisation élargie et
coordonnée de l’ensemble des acteurs, notamment non étatiques, afin de traduire les orientations
stratégiques en actions concrètes à l’échelle des territoires » a-t-il ajouté.

D’après Pr. Nesrine Chehata, présidente du FNACC « Depuis l’accord de Paris, en 2015, dont la Tunisie
est signataire, l’adaptation aux changements climatiques et la résilience de nos territoires deviennent
une priorité nationale. Le réseau FNACC s’inscrit dans cette dynamique en tant que plateforme multi-
acteurs, réunissant 4 foras : la société civile, les collectivités locales, le secteur privé et les médias. Et de
préciser que « Ce séminaire national de mobilisation des acteurs non étatiques vise à concevoir et à
adopter des actions concrètes non seulement pour renforcer la résilience climatique, mais également
pour contribuer à la transition bas-carbone et générer des bénéfices communs économiques, sociaux et
environnementaux ».

 

Il est aussi clair que la capitalisation des résultats issus des différentes initiatives, étatiques et non
étatiques, ainsi que la diffusion des bonnes pratiques et le financement des plans d’actions constituent
un levier essentiel pour promouvoir l’adoption de comportements éco-responsables, la protection et la
restauration de la biodiversité, le développement de solutions d’adaptation fondées sur les écosystèmes
et la nature (SFN) ainsi que la promotion d’approches innovantes, telles que l’économie circulaire et la
gestion durable des ressources naturelles. A cela s’ajoutent des enjeux transversaux liés à la
gouvernance multi-échelles, au partage et à l’accessibilité des données, à l’évaluation des risques
climatiques et à leur intégration dans la planification territoriale, outre le renforcement de l’innovation,
des capacités et de la coopération entre les acteurs.

Plus de 200 experts et acteurs non étatiques réunis
À travers des panels, ateliers participatifs et tables rondes, réunissant plus de 200 participant.e.s de
divers horizons, la première journée du 16 mai a permis de renforcer la compréhension des enjeux de la
CDN 3.0, de partager des retours d’expériences inspirants et de co-construire des propositions d’actions
contribuant à une résilience territoriale renforcée et à une transition bas carbone inclusive et durable.
La deuxième journée du 17 mai a été consacrée aux travaux des membres du FNACC, dont le nombre a
augmenté pour atteindre 120 experts et expertes, représentant les quatre foras cités. Ce rassemblement
avait pour objectif de traduire les orientations et recommandations issues des échanges en un plan
d’actions concret et structuré pour la période 2026–2028, en cohérence avec les priorités nationales de
la CDN 3.0, avec un accent particulier sur le rôle des jeunes et leur implication dans la planification et la
mise en œuvre des activités.

 

A propos de la CDN 3.0 de la Tunisie
La Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) de la Tunisie constitue la nouvelle feuille de route
climatique du pays à l’horizon 2035, avec une vision de neutralité carbone à l’horizon 2050. Elle repose sur trois piliers complémentaires : l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation aux changements climatiques et le renforcement des enjeux transversaux liés à la gouvernance, au financement et à l’inclusion sociale.
Sur le volet atténuation, la Tunisie ambitionne d’accélérer sa transition vers une économie bas-carbone à travers une réduction de l’intensité carbone de 46,4 % d’ici 2030 et de 62 % d’ici 2035 par rapport à 2010, ainsi qu’une baisse de 34 % des émissions nettes de gaz à effet de serre à l’horizon 2035. Cette stratégie vise également à assurer un découplage durable entre croissance économique et émissions polluantes.

Le secteur énergétique constitue le principal levier de cette transition, avec l’objectif d’atteindre au moins 50% d’énergies renouvelables dans le mix électrique en 2035, tout en renforçant l’efficacité énergétique, les
infrastructures de transition, la mobilité électrique et les réseaux intelligents. D’autres secteurs sont également concernés, notamment l’industrie, à travers la réduction des émissions du ciment et des gaz industriels, ainsi que l’agriculture, les forêts et les terres agricoles, où la priorité sera donnée à la restauration des écosystèmes, à l’agriculture durable et à la valorisation des déchets agricoles. La gestion des déchets et de l’assainissement représente également un axe majeur, avec des objectifs ambitieux de recyclage, de valorisation énergétique et de réduction de la mise en décharge.

En matière d’adaptation, la CDN 3.0 adopte une approche territoriale alignée sur l’Objectif mondial d’adaptation, tenant compte des vulnérabilités spécifiques des différentes régions tunisiennes. Elle vise à renforcer la résilience des territoires, des populations et des secteurs stratégiques face aux impacts déjà visibles des changements climatiques.
Les priorités concernent notamment la gestion durable des ressources en eau, la sécurité alimentaire, l’adaptation des systèmes agricoles et de pêche, ainsi que le renforcement de la résilience du système de santé face aux vagues de chaleur et aux événements extrêmes. La stratégie prévoit également la protection des écosystèmes et de la biodiversité, l’adaptation des infrastructures et des villes aux risques climatiques, ainsi que la préservation du patrimoine culturel et des savoirs traditionnels. Une attention particulière est accordée aux populations vulnérables afin de limiter les impacts socio-économiques des changements climatiques et de renforcer les moyens de subsistance.
La CDN 3.0 intègre également plusieurs enjeux transversaux indispensables à la réussite de la transition climatique.
Il s’agit notamment du renforcement de la gouvernance climatique, de l’amélioration de la coordination
institutionnelle et du développement d’outils de transparence, de suivi et d’évaluation des engagements
climatiques.
Le financement climatique constitue un autre axe stratégique, à travers la mobilisation des financements publics et privés, le développement d’une taxonomie climatique nationale et le recours aux mécanismes internationaux de l’Accord de Paris. La stratégie met également l’accent sur le développement des compétences, la recherche scientifique, l’innovation technologique et le transfert de technologies.
Enfin, la dimension sociale occupe une place centrale dans la CDN 3.0, avec la promotion d’une transition juste et inclusive.

Les jeunes sont appelés à jouer un rôle actif dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques climatiques, tandis que l’approche genre, la lutte contre la précarité énergétique et la réduction des pertes et
préjudices liés aux catastrophes climatiques figurent parmi les priorités nationales.

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