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Dhafer L’Abidine, 11 minutes volées entre deux présentations de Ghodwa

  • Dhafer L’Abidine, 11 minutes volées entre deux présentations de Ghodwa

Dhafer L’Abidine prend de l’étoffe

Acteur creusant sa singularité, Dhafer passe pour la première fois derrière la caméra.

Cela fait presque un mois que l’actualité culturelle en Tunisie ne tourne qu’au rythme du  film Ghodwa du grand Dhafer L’Abidine.

Ayant été footballeur professionnel à ses débuts, il entame des études en informatique, tout en devenant mannequin pour l’agence parisienne  Metropolitan. Il sera ensuite assistant du réalisateur Moncef Dhouib pour entamer en 2002 sa carrière d’acteur.

Dévoilant depuis son talent remarquable, c’est maintenant que l’artiste choisit de vivre un nouvelle aventure, qui lui réussit très bien.

L’acteur tunisien qui fait chavirer les cœurs, se lance et pour la première fois dans une carrière de réalisateur, Ghodwa.

C’est depuis le 02 mars et accompagné de son équipe de choc et de grand talent, que l’artiste est entrain de présenter son film dans les salles tunisiennes après une première mondiale très réussie en Egypte, lors du Cairo international film festival.

Le film raconte une histoire d’amour entre un fils et son père, qui Suite à la détérioration de l’état de santé de ce dernier,  se rapprochent et deviennent plus soudés.

Hanté par son passé durant la dictature, Habib est dans l’attente d’un rendez-vous important. Sous la pression d’événements inattendus, les rôles sont inversés. Ils se retrouvent dans une situation chaotique à laquelle ils ne sont pas préparés.

Ce ne sera Ghodwa, mais c’était hier à l’institut Français de Tunisie que Femmes Maghrébines, et moi plus précisément, ai eu l’occasion et même la chance de m’entretenir avec cet artiste au charme tunisien et à l’humilité incroyable.

Troublée par son charisme, j’en étais même à oublier la photo qui accompagnera cet article

Immersion dans mes 11 minutes chrono avec notre Dhafer L’Abidine national.

 

FM: Bonsoir  Dhafer,

Mabrouk pour ce premier film et qui on l’espère sera le début d’une grande carrière de réalisation.

On ne va pas vous poser de questions sur Ghodwa, vu toutes les apparitions médiatiques et toutes les interviews

données, mais plutôt nous aimerions vous parler de Femmes!!

Mars est le mois de la femme, qu’est ce que vous pensez de la situation de la femme en Tunisie, qu’en est-il de ses droits après toutes ces années où vous avez quitté le pays.

Dhafer L’Abidine : Je ne saurai répondre à cette question d’une manière tranchante car les choses ont beaucoup changé depuis quelques années.

Avant nous n’avions pas internet, les réseaux sociaux ont fait en sorte que tout est devenu accessible, je vois beaucoup d’extrême des deux côtés, de mon temps tout cela n’existait pas.

Il faut tout de même dire qu’il y a eu de l’évolution, la femme tunisienne est devenue plus autonome et plus indépendante, elle a plus de place dans la société mais il reste beaucoup de travail à faire.

Le chemin est long et périlleux,  et ce combat n’est pas celui des femmes mais celui de tous.

Hommes et femmes devraient  pousser vers l’égalité.

Mais je constate malheureusement qu’il y’a des femmes qui ne veulent pas ou qui peut-être n’osent pas changer les choses.
De par leur éducation, la crainte de la société et les mœurs.
Ceci est un long débat et pas qu’en Tunisie mais dans le monde entier.
F.M. : Est-ce que vous appliquer cela chez vous, comment se partagent les taches ?
D.L. : Bien sur que oui !
vous savez moi j’ai quitté la Tunisie à l’age de 26 ans, je suis issu d’une famille conservatrice mais progressiste, à la tunisienne, entre ma mère qu’elle repose en paix,  ma sœur et moi les taches se partagent équitablement.
Si j’ai besoin de quelque chose, je me la procure moi-même.
Chez moi c’est pareil, ma femme et ma fille ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que moi.
Et cela va de soi, depuis mon enfance, il est vrai qu’avec les épreuves de la vie on apprend toujours et on évolue, mais la base a toujours été la même.
Nous sommes égaux.
F.M.: Parlons maintenant un peu de cette nouvelle expérience, Dhafer l’acteur ou le réalisateur, lequel vous ressemble le plus,  dans quel rôle vous êtes le plus à l’aise?
D.L.: Les deux, je suis les deux.
L’épanouissement est le même, c’est juste la quantité de travail et de responsabilités qui change.
Lorsque on est acteur, on se concentre d’apprendre son rôle et essayer d’exceller.
En tant que réalisateur, on a une équipe à gérer, et un projet à faire aboutir.
C’est là toute la différence.
F.M.: Ghodwa, un succès en Tunisie et un succès en Egypte, c’était une déception pour vous qu’il n’aie pas été retenu dans la compétition officielle des JCC.
D.L.: Déception non, je respecte la décision, le film a été retenu au Caire et c’est comme ça!
Oui j’aurais aimé que la première soit dans mon pays, mais l’accueil des tunisiennes et tunisiens pour Ghodwa est une récompense.
F.M.: Beaucoup de femmes dans les salles, vous en êtes content?
D.L.: Oui très !!

 

Et c’est avec un large sourire et bonne poignée de main que les onze minutes ce sont achevées.

Un grand Bravo à  Dhafer L’Abidine, la révélation Ahmed Berrhouma, Najla Ben Abdallah, Rabeb Srairi et Bahri Rahali.

 

Avec nos souhaits les plus sincères de beaucoup de succès.

culturellement votre

Nesrine Ben Khedija

DOSSIERS SPÉCIAUX