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#Féminisme : Et si on profitait du confinement pour changer la donne ?

  • #Féminisme : Et si on profitait du confinement pour changer la donne ?

Le confinement pour tous changera-t-il la donne ? Incitera-t-il à une prise de conscience masculine pour modifier la distribution des rôles de genre ?
Et si cette période de confinement liée à l’épidémie de Covid-19 était l’occasion de changer l’inégale répartition des travaux domestiques et familiaux au sein du couple?
Le confinement nous invite à considérer cet immense bouleversement des rapports de genre que nous vivons à l’échelle de la société tout entière : des millions d’hommes sont appelés à rester chez eux, confinés dans cette sphère domestique à laquelle les femmes ont été assignées depuis l’aube des temps. Ce très soudain retournement de situation produira des effets. Car ce dont les hommes vont s’apercevoir très vite, c’est que le soin aux enfants, les tâches ménagères et la préparation des repas pour toute la famille, tous ces impératifs du quotidien qui sont largement assumés par les seules femmes pèsent d’un poids vraiment très lourd.
Nos corps pourraient bien, pour un temps, vraiment nous appartenir :
Femmes, hommes, enfants, sont désormais forcés de rester à la maison, additionnant au même endroit, au même moment, ces charges domestiques, parentales, professionnelles, d’ordinaire inégalement réparties. Les hommes seront là. Il n’y aura plus de “Je ne peux pas quitter le bureau” ou “Je ne sais pas faire”… Femmes et hommes devront “jongler” ensemble. Il n’y aura plus de nounou ou femme de ménage pour évacuer le problème. Tous deux subiront les assauts des enfants agités, tous deux entendront le bruit de la machine à linge terminée, tous deux verront les ressources du frigo diminuer, la poussière s’accumuler. Qui fera quoi? Ce qui était invisible pour certains, trop lourd à porter pour d’autres, sera remis en commun.
Rester chez soi, c’est aussi pouvoir faire enfin de nos corps ce que nous voulons, à distance des prescriptions commerciales et patriarcales. Chacune fera comme bon lui semble. Certaines profiteront de l’occasion pour ne plus porter les talons, jupes et soutiens-gorge qui les entravent; d’autres cesseront de se maquiller, de s’épiler ou de se tartiner de crèmes de perlimpinpin; d’autres encore voudront maintenir leur routine quotidienne, voire l’augmenteront de ce qu’elles n’avaient pas le temps de faire, des masques capillaires, des séances de yoga, l’amour… Dans tous les cas, et c’est ce qui importe, nous voilà allégées du poids des sommations extérieures, libres de nous présenter à nous-mêmes (puisque plus aux autres) comme nous le souhaitons. Nos corps pourraient bien, pour un temps, vraiment nous appartenir.

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