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L’obésité est plus complexe qu'un simple manque de volonté !!

  • L’obésité est plus complexe qu'un simple manque de volonté !!

Avant de blâmer les personnes en état de surcharge pondérale, il convient d’en comprendre les mécanismes.
La surcharge pondérale et à un degré de plus l’obésité sont pointées du doigt comme étant des états somatiques (corporels) à haut risque de maladies diverses : hypertension artérielle, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, insuffisance veineuse (varices, œdèmes), insuffisance respiratoire, insuffisance rénale, diabète sucré de type 2, cancers, etc. La liste est longue, l’accumulation de graisse dans la région abdominale se révélant particulièrement délétère (néfaste à la santé).
Mais il est beaucoup trop simple de culpabiliser les personnes en état de surcharge pondérale, au motif que cet état serait dû à une goinfrerie par manque de volonté.
De façon à préciser les choses et permettre à tout un chacun de se situer, précisons que l’indice de masse corporelle ou IMC (indice reconnu par l’Organisation mondiale de la santé ou OMS) est égal au quotient du poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres carrés. On parle de surpoids à partir de 25 et d’obésité à partir de 30 (on définit de surcroît plusieurs niveaux d’obésité).
Il paraît clair pour tout le monde que, plus l’on mange d’aliments ayant une forte valeur calorique (les sucres et graisses), et plus l’on a tendance à grossir (en volume) et à prendre du poids. Cette augmentation de volume associée à cette prise de poids sont liées à une accélération de la formation de tissu adipeux (tissu graisseux). Il n’est pas inutile de préciser que les sucres dits rapides (glucose, fructose, galactose), quand ils sont apportés en excès, sont stockés sous forme de graisse.
Il peut se produire également une augmentation de la masse musculaire, par deux mécanismes : les dépôts de tissu gras à l’intérieur des muscles et l’effet anabolisant de l’insuline, hormone stimulée par le passage massif de sucres dits rapides dans le sang après un repas riche en sucres. Mais, lors d’un régime riche en sucres et en graisses, l’augmentation du tissu adipeux est très supérieure à cette du tissu musculaire davantage liée aux hormones stéroïdes et à l’exercice physique.
Pour revenir aux facteurs favorisant une surcharge pondérale ou une obésité, ils sont donc multiples : l’hérédité, c’est-à-dire les gènes transmis par les parents, les habitudes alimentaires prises dans l’enfance, le microbiote digestif (la flore intestinale bactérienne constituée de millions de millions de bactéries), l’activité physique, des facteurs psychologiques (stress, anxiété, frustrations, addictions) et bien sûr le comportement alimentaire en cours.
Bien que l’obésité soit causée par un comportement, ces comportements n’impliquent pas toujours un choix ou une responsabilité personnelle. Les personnes les plus susceptibles d’avoir un mauvais poids santé sont celles qui présentent un risque génétique élevé d’obésité et dont la vie est également façonnée par le travail, les écoles et les environnements sociaux qui favorisent la suralimentation et l’inactivité.
Obésité : une destinée toute tracée
Les expériences psychologiques jouent également un rôle important. Près de la moitié des adultes qui fréquentent des services spécialisés en obésité ont connu des difficultés au cours de leur enfance.
On parle ici « d’ alimentation émotionnelle. En cela, le Docteur Angel Chater, psychologue agréé à l’Université de Bedfordshire a déclaré qu’il fallait désormais s’atteler à comprendre comment la gestion du poids et les changements de comportement en matière de prévention de l’obésité reposaient sur la psychologie.
Le rôle des facteurs psychologiques paraît aujourd’hui majeur et largement sous-estimé
Il y a déjà des personnalités névrotiques qui ont consciemment et parfois sciemment un comportement alimentaire que l’on peut qualifier d’hyperphagique (tendance à manger en excès).
Des frustrations, des complexes d’origines diverses, un mal-être, peuvent chez certaines personnes conduire à une hyperphagie morbide (maladive), avec souvent un souhait plus ou moins avoué d’augmenter son volume corporel, qui peut être perçu par l’individu comme une façon d’augmenter son importance sociétale (occuper plus d’espace, s’imposer physiquement face aux personnes menues). Il faut reconnaître que l’apparence d’une personne (grande et) grosse en impose plus que celle d’une personne (petite et) mince.
A part ces hyperphagies maladives ou réactionnelles (suite à une frustration par exemple), les facteurs psychologiques des prises de poids sont, selon cette étude, essentiels à prendre en compte. Les contrariétés et difficultés de l’enfance, et bien sûr les traumatismes physiques et psychiques de cette période, favorisent la surcharge pondérale.

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