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Tunisie-Santé : Pendant que le ministre est pris par les embouteillages, les hôpitaux régionaux souffrent

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Tunis devient de plus en plus insupportable et pour cause : on a l’impression que nous passons toutes nos journées à batailler dans les embouteillages.
Heure de pointe ou pas heure de pointe, grand croisement ou une petite ruelle dans un quelconque quartier, férié ou jour de travail, Tunis est devenu tout le temps embouteillé.
C’est comme cela que, en début de cette semaine, je me rendais à mon travail, ou du moins, j’essayais de le faire. A un moment, et comme la circulation s’est carrément arrêtée (ce qui vous arrive de plus en plus souvent), je me suis amusée à contempler les autres conducteurs et à observer leur attitude face à la situation.
Et là, mon regard tombe sur une grande voiture noire, dont le conducteur avait tout simplement choisi de mettre son coude sur le volant et d’y reposer sa tête. Une tête très fatiguée et un regard vide traduisant une personne dont les ennuis n’en finissent plus.
En y regardant de plus près, j’ai fini par me rendre compte que le conducteur en question n’était autre notre ministre de la Santé publique, Saïd Aydi.
L’un des ministres du gouvernement d’Habib Essid bénéficiant d’une grande sympathie de la part de l’opinion publique et ce grâce aux quelques missions qu’il a réussi.
La première chose qui m’ait traversée l’esprit est la suivante : on s’indigne tout le temps quand on voit les ministres des pays démocratiques prendre le métro ou le bus pour se rendre à leurs ministères tandis que nos ministres se promènent dans de grandes voitures de luxe conduites par des chauffeurs.
Je me suis dit voilà un bon ministre qui ne cherche pas les apparences et le luxe et qui se rend tout seul à son travail.
Tout de suite après, une autre idée est venue dérangée mon état ravi. Je me suis souvenue de tous ces hôpitaux régionaux dont les patients souffrent le martyr et meurent encore à cause de quelques opérations banales à cause du manque horrible en matière de médecins spécialistes.
En effet, et comme chez les instituteurs et les professeurs, plusieurs médecins refusent leur affectation dans les régions intérieures du pays. Cela cause un manque de spécialiste indigne de notre pays.
Du côté de Kasserine, le Kef ou encore Sidi-Bouzid, il existe encore des femmes qui peuvent décéder à cause d’un simple accouchement. Cela sans parler des personnes âgées qui ne trouvent que rarement les soins dont elles ont besoin pour des maladies chroniques ou encore les enfants qui peuvent mourir ou subir des séquelles inguérissables suite à des accidents du quotidien sans grande importance.
Saïd Aydi a effectué quelques actions qui lui ont fait gagner en sympathie auprès de l’opinion publique. Mais ce sensible volet du manque des médecins spécialistes dans les régions n’a malheureusement vu aucun avancement.
En attendant de voir les responsables et le ministre de la Santé publique prendre des mesures urgentes pour résoudre ce grand handicap…
 
Par Rim Ouerghi Ben Ghorbel

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