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- société
Depuis le 18 janvier 2026, la Tunisie est confrontée à un épisode météorologique exceptionnel provoqué par la tempête Harry, une profonde dépression atmosphérique qui traverse le bassin méditerranéen. Plus qu’un simple épisode pluvieux, Harry s’est transformée en un phénomène d’intensité rare, avec des impacts marqués sur le climat, les infrastructures et la vie quotidienne, notamment dans le nord et le nord-est du pays.
La tempête Harry trouve sa source dans une configuration météorologique atypique : la rencontre entre de l’air froid en altitude et de l’air chaud et humide en surface au-dessus de la mer Méditerranée. Cette instabilité a favorisé la formation d’une dépression méditerranéenne profonde, parfois qualifiée de « cyclone méditerranéen ».
Les experts en climat soulignent que la mer Méditerranée affiche des températures de surface plus élevées qu’à la normale — un héritage des vagues de chaleur de l’été dernier. Cette « mémoire thermique » fonctionne comme un carburant pour les systèmes dépressionnaires, augmentant leur énergie et leur potentiel destructeur.
Avant Harry, la Tunisie avait déjà connu une saison automnale et hivernale marquée par des conditions instables, avec des précipitations supérieures à la moyenne, signes avant-coureurs d’une atmosphère chargée d’humidité et d’énergie.
Dès son arrivée, la tempête Harry a placé plusieurs gouvernorats, notamment le Grand Tunis, Nabeul, Ariana, Manouba, Ben Arous et Monastir, en vigilance rouge maximale — le niveau d’alerte le plus élevé — en raison du risque d’inondations soudaines, de ruissellements rapides et de vents puissants.
Les systèmes orageux qui accompagnent Harry se manifestent par des vagues de pluie courtes mais exceptionnellement intenses, souvent répétées sur les mêmes zones, ce qui accroît les risques d’inondations locales et de rupture des réseaux d’évacuation urbains.
Selon les derniers bilans officiels, au moins trois personnes ont perdu la vie dans le gouvernorat de Monastir suite aux intempéries. Les précipitations ont atteint des niveaux records, avec des cumuls dépassant 150 à 205 mm en moins de 24 heures dans certaines régions, des chiffres inédits depuis plusieurs décennies.
Dans le Grand Tunis, ce déluge a provoqué des inondations urbaines massives : quartiers submergés, rues transformées en torrents, voitures emportées par les eaux ou bloquées. Sur le littoral, les vents violents et les vagues hautes ont ralenti l’évacuation des eaux et fragilisé les installations côtières.
Les autorités tunisiennes ont multiplié les appels à la vigilance : éviter les déplacements inutiles, ne pas traverser les zones inondables, rester à l’écart des oueds et des arbres fragilisés par le vent. Les services de secours, notamment la Protection civile, sont déployés sur le terrain pour des opérations de pompage, dégagement et assistance aux populations bloquées.
Selon les prévisions météorologiques, la tempête va progressivement perdre de son intensité dans les prochains jours, avec une amélioration progressive des conditions à partir de mercredi 21 janvier. Toutefois, l’instabilité ne disparaît pas complètement d’un coup et des averses résiduelles restent possibles dans certaines régions.
Au-delà du soulagement attendu, Harry laisse derrière elle une série de questions importantes pour la Tunisie : la gestion des risques, la capacité de ses infrastructures à absorber des débits d’eau extrêmes, et la nécessité d’un système d’alerte et de prévention encore plus robuste. Dans plusieurs quartiers urbains, les réseaux d’évacuation ont montré leurs limites face à l’intensité des précipitations ; dans les zones rurales et les oueds, la crue brusque des cours d’eau a rappelé l’importance d’une urbanisation consciente des risques hydro-climatiques.
Si la tempête Harry reste un phénomène naturel, son intensité et sa fréquence soulèvent des questions plus larges sur le changement climatique en Méditerranée. Des températures de surface plus élevées, une atmosphère plus humide et des contrastes thermiques plus prononcés sont autant de conditions qui renforcent les épisodes extrêmes.
Ce n’est pas un phénomène isolé : des systèmes comparables ont récemment frappé la Sicile, la Sardaigne, Malte et même certaines régions espagnoles, provoquant des pluies persistantes, des vents violents et des perturbations maritimes.
La tempête Harry frappe la Tunisie dans un contexte où les risques climatiques deviennent de plus en plus visibles et immédiats. Entre gestion de l’urgence, protection des populations et préparation à de futurs épisodes extrêmes, cet événement doit servir de catalyseur pour renforcer :
les structures de prévention et d’alerte,
les infrastructures urbaines résilientes,
et la conscience collective des risques naturels.
Car au-delà de l’intensité d’un phénomène, c’est la capacité d’un pays à anticiper et à s’adapter qui en détermine l’impact réel sur la vie de ses citoyens.
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Femmes Maghrébines
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