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« Moins de 7% » : Marie Portolano lève le voile sur l’invisibilité des femmes en salle de presse

  • « Moins de 7% » : Marie Portolano lève le voile sur l’invisibilité des femmes en salle de presse

À la veille de la Coupe du Monde 2026, la journaliste sportive française Marie Portolano dénonce un chiffre accablant : à peine une dizaine de femmes accréditées sur 150 envoyés spéciaux.

Par la rédaction  ·   11 juin 2026     ·6 min de lecture

Elle aurait pu se taire. Continuer, comme tant d’autres, à avancer tête baissée dans un milieu qui n’a jamais vraiment déroulé le tapis rouge aux femmes. Marie Portolano a choisi de parler. Et ses chiffres résonnent comme un coup de sifflet au cœur d’un silence trop longtemps entretenu.

Les gradins seront combles. Les écrans du monde entier allumés. La Coupe du Monde 2026, co-organisée par le Canada, le Mexique et les États-Unis, s’annonce comme un événement planétaire. Mais dans les salles de presse où se construit le récit de ce spectacle, une absence criante persiste. C’est Marie Portolano, journaliste sportive et réalisatrice du documentaire Comment les hommes parlent de foot aux femmes, qui a mis des chiffres sur cette réalité : sur environ 150 envoyés spéciaux accrédités pour couvrir la compétition, seule une dizaine seraient des femmes.

Ces chiffres ne surprennent pas celles qui évoluent dans le milieu. Reporters, chroniqueuses, commentatrices — toutes racontent le même parcours d’obstacles : la légitimité perpétuellement remise en question, les sourires condescendants lors des conférences de presse, la nécessité de maîtriser chaque statistique sur le bout des doigts pour simplement être écoutée. Le double standard est permanent.

« On ne nous demande pas de couvrir le foot. On nous demande de prouver qu’on en est capables. Ce n’est pas la même chose. »

La dénonciation de Portolano dépasse le cadre du sport. Elle interroge la structure même des rédactions, les réflexes éditoriaux, et la persistance de hiérarchies informelles qui filtrent — souvent inconsciemment — les profils jugés « légitimes » pour certaines missions. Couvrir une Coupe du Monde, c’est une consécration professionnelle. Et comme souvent, cette consécration reste une affaire d’hommes.

Ce que la présence des femmes change

Là où des femmes ont pu s’imposer derrière le micro ou le stylo, l’impact est tangible et mesurable. Les téléspectatrices se reconnaissent. Les jeunes filles qui rêvent de journalisme sportif voient que la voie est possible. La représentation n’est pas une faveur accordée — c’est un levier de transformation culturelle profond, qui change aussi la qualité du récit médiatique lui-même.

Des pays nordiques aux rédactions anglophones, certains médias montrent qu’un équilibre est non seulement possible, mais qu’il enrichit le traitement de l’information : des angles différents, des questions inédites, une façon d’humaniser les joueurs au-delà des tactiques et des performances. Le journalisme sportif au féminin n’est pas un sous-journalisme — c’est un journalisme augmenté.

La prise de parole de Marie Portolano n’est pas un coup de gueule isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique : celle de femmes qui refusent de se taire au nom de « la chance d’être là ». Des collectifs se forment, des chiffres sont publiés, des rédactions interpellées. Si le football est universel, son récit médiatique ne peut rester le monopole d’une seule moitié de l’humanité. C’est une question d’équité, de qualité — et d’évidence.

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