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Belgrade 2026 : 400 parlementaires exigent la parité dans les assemblées législatives

  • Belgrade 2026 : 400 parlementaires exigent la parité dans les assemblées législatives

La Conférence mondiale des femmes parlementaires de l’UIP s’est conclue par un appel solennel à l’action : garanties constitutionnelles, quotas, lutte contre le sexisme et l’IA discriminatoire — la feuille de route est ambitieuse.

Par la rédaction · 11 juin 2026 · Source : UIP · 4 min de lecture

Quatre cents participants, soixante pays représentés, et un message sans ambiguïté : la parité dans les parlements n’est plus une aspiration — c’est une exigence démocratique. La capitale serbe a accueilli, début juin, la Conférence mondiale des femmes parlementaires de l’Union Interparlementaire (UIP), dont les conclusions engagent désormais les États membres.

Cette édition 2026, organisée par le Parlement serbe dans un contexte politique européen en pleine recomposition, s’est achevée par un appel sans équivoque à la mise en œuvre d’un Plan d’action global. L’objectif ? Atteindre une égalité réelle et intensifier les efforts visant à promouvoir la participation politique des femmes à l’échelle mondiale.

Les chiffres clés de la conférence

Indicateur Donnée
Participants mondiaux 400+ délégués
Nations représentées 60+ pays
Femmes parlementaires 155 leaders politiques
Objectif institutionnel 50 / 50 (Parité stricte)

Le Plan d’action adopté définit une feuille de route articulée autour de trois dimensions : les effectifs, l’influence et le pouvoir, ainsi que la culture institutionnelle. Une approche systémique qui reconnaît qu’il ne suffit pas de compter les femmes élues — encore faut-il qu’elles puissent exercer leur mandat dans des conditions d’égalité réelle.

Un plan d’action en six axes concrets

La feuille de route adoptée à Belgrade repose sur des engagements précis et contraignants :

  • Garanties constitutionnelles pour sécuriser la représentation des femmes.

  • Lois sur les quotas rigoureusement adaptées à chaque système électoral.

  • Accès égal aux postes clés de direction parlementaire.

  • Lutte de tolérance zéro contre le sexisme, le harcèlement et les violences en politique.

  • Institutions modernes sensibles au genre et favorables à l’équilibre vie pro / vie privée.

  • Encadrement strict des risques de l’intelligence artificielle (IA) sexiste et de ses biais algorithmiques.

La Conférence a mis en évidence les stéréotypes persistants et les normes sociales négatives qui limitent encore l’accès des femmes aux fonctions publiques. Le double standard, le sexisme ordinaire et le cyberharcèlement ont été largement dénoncés. Fait inédit à ce niveau de représentation institutionnelle : la question de l’IA et de ses biais algorithmiques contre les femmes a été explicitement inscrite à l’agenda, signe d’une prise de conscience contemporaine majeure.

« Les hommes ne perdent rien lorsque les femmes s’élèvent ; au contraire, la démocratie, les parlements et la société y gagnent. »

Martin Chungong, Secrétaire général de l’UIP

Les voix qui ont porté l’appel de Belgrade

Ana Brnabić — Présidente de l’Assemblée nationale de Serbie

« Lorsque nous parlons d’égalité des sexes, nous parlons en réalité de la qualité de nos institutions. L’égalité est une condition préalable à une meilleure démocratie. »

Tulia Ackson — Présidente de l’UIP

« Les données montrent que les obstacles concernent l’accès, et non les capacités des femmes. La parité inclusive doit refléter les expériences des jeunes femmes, des femmes en situation de handicap et des groupes marginalisés. »

Cynthia López Castro — Présidente du Bureau des femmes parlementaires de l’UIP

« La parité est une question de pouvoir et de dignité, et non de charité. L’égalité de la voix, la sécurité et l’influence des femmes sont des objectifs essentiels du travail parlementaire. »

Quel impact pour la région Maghreb ?

Si la conférence a réuni des délégations du monde entier, ses conclusions résonnent avec une acuité particulière pour les pays du Maghreb. Alors que la moyenne mondiale de présence féminine dans les parlements nationaux stagne, la région fait face à des dynamiques contrastées en matière de représentativité politique.

Les engagements pris à Belgrade — notamment sur le verrouillage des quotas et les garanties constitutionnelles — constituent un nouveau cadre de référence international. Les militantes, la société civile et les élues de la région disposent désormais d’un levier d’action multilatéral pour appuyer leurs réformes nationales.

Les participants se sont engagés à traduire immédiatement ces déclarations en actions concrètes et en propositions de lois. C’est précisément là que se joue le véritable enjeu : entre la déclaration solennelle et la loi votée, entre le discours de tribune et le siège occupé, le chemin reste complexe — mais la feuille de route de Belgrade trace désormais une voie claire.

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