Soft Wellness 2026 : Comment la simplicité peut transformer votre bien-être
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Selon un récent sondage mené au Canada par Angus Reid, en collaboration avec la Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes, environ trois femmes sur quatre admettent minimiser leurs problèmes de santé, jugeant que leurs symptômes ne sont pas assez graves pour consulter un professionnel de santé.
Cette tendance met en lumière une problématique souvent ignorée : la difficulté pour les femmes à reconnaître la gravité de leur état de santé, avec des conséquences qui peuvent retarder des diagnostics essentiels.
Au Québec, 61 % des répondantes ont déclaré ne pas être sûres de la gravité de leurs symptômes, ce qui peut repousser le moment de consulter. Les femmes âgées de 23 à 43 ans sont particulièrement concernées, tandis que celles de 44 à 50 ans sont plus enclines à prendre leurs symptômes au sérieux, avec 80 % d’entre elles qui consultent rapidement.
La Dre Louise Pilote, directrice associée au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), explique :
« De minimiser l’importance de certains symptômes, c’est souvent lié aux rôles et priorités des femmes. Leur santé passe parfois après d’autres responsabilités. »
Elle souligne également que les douleurs menstruelles récurrentes peuvent influencer la perception de la douleur et amener les femmes à ignorer des signes pouvant indiquer un problème de santé plus sérieux.
Le sondage révèle que trois femmes sur dix ont du mal à distinguer ce qui est normal ou préoccupant concernant des symptômes spécifiques à la santé féminine, comme les bouffées de chaleur ou les règles irrégulières. Par ailleurs, 40 % des participantes affirment manquer de connaissances sur les symptômes de la dépression et de l’anxiété, un indicateur inquiétant de la nécessité de mieux éduquer et sensibiliser.
« Le manque de sensibilisation et d’éducation des femmes à leur propre santé entraîne trop souvent des retards de diagnostic », précise Paulette Minard, directrice Investissement communautaire à la Fondation Pharmaprix.
La Dre Pilote ajoute que la sous-estimation ou la mise en avant sélective de certains symptômes peut compliquer le travail des médecins. Par exemple, une femme souffrant d’une crise cardiaque peut ne pas signaler de douleurs thoraciques, préférant évoquer des bouffées de chaleur ou de l’insomnie, ce qui peut influencer le choix des tests et la prise en charge.
« Pour certaines maladies comme le diabète et l’hypertension, les femmes présentent un risque plus élevé de complications cardiovasculaires si elles ne prennent pas leurs symptômes au sérieux », rappelle-t-elle.
Les spécialistes insistent sur l’importance de la prévention, de la bonne hygiène de vie et d’une meilleure sensibilisation aux signaux corporels. Les femmes doivent apprendre à écouter leur corps et consulter rapidement en cas de symptômes inhabituels.
Le sondage, mené entre le 14 mars et le 10 avril 2025 auprès de 1 799 femmes canadiennes âgées de 23 à 50 ans, avec une marge d’erreur de ±2,3 points de pourcentage, met en lumière un enjeu crucial : la santé féminine mérite attention, écoute et action immédiate.
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