Mon mari m’a trompée avec sa secrétaire, mais je n’ai pas choisi de le quitter.
- société
« Cet homme-là, je l’aimais comme une malade. Mais, comme on dit : toute belle histoire a une fin. Dans mon cas, je suis restée sur ma faim. Le goût de l’inachevé quoi.
Il m’a tout bonnement trompé et j’ai décidé de tout claquer. Ma dignité en a pris un coup dur mais, une petite voix en moi m’insufflait : «Tu dois te remettre debout !»
Depuis quelques mois, j’ai recommencé à vivre seule, sans lui. Cela fait bizarre. Je me suis habituée à partager ma vie avec lui. Je me suis habituée à l’ombre de son ombre, à sa présence, à sa voix, à son souffle.
La phobie de la solitude après une rupture
Aujourd’hui, je suis seule et je dois réapprendre à vivre seule comme une grande. Ma grande phobie : la solitude. Cette hantise m’a tout le temps tourmentée. Certaines de vous qui me lisent, se reconnaissent sûrement. Vous avez de quelle phobie je parle : cette peur qui fait que vous acceptez tout et n’importe quoi juste de crainte de finir seule. Cette peur qui te bloque au point de pas prendre LA bonne décision, qui au long terme est salvatrice.
Cela ne sert à rien de se mentir : j’avais juste peur de m’affronter et d’être face à moi-même ! C’est que je me connais suffisamment. Mes émotions vont m’envahir et rien que ça ! Ça me fait flipper. Je vais me prendre à mon propre piège. Je sais d’avance que je vais enchaîner les sorties et me tuer au travail juste pour oublier, me fuir, m’oublier dans le tumulte d’une vie lourde à supporter, seule.
J’ai pris mon courage à deux mains. J’ai cherché en moi cette colère et cette fureur de vivre pour arrêter ce manège à deux et vivre seule et DIGNE. J’ai décidé d’affronter ma phobie de la solitude.
J’ai commencé à m’aimer
Au départ, c’était juste cauchemardesque mais je me suis tenue tête. J’ai décidé de m’écouter, d’assumer ma décision et surtout de faire le deuil de cet amour.
Les premières semaines étaient horribles. Je me rappelle encore de ces nuits d’insomnie où j’avais pour seule compagnies mes pleurs et mes peurs. Je me souviens de ces longues journées où j’avais l’impression qu’on m’a arraché le cœur.
Trompée, j’étais brisée et je me voyais dans le rôle d’une femme blessée qui pour se venger sort avec le premier venu, voire même avec l’un de ses potes. Je vous l’ai dit : cette hémorragie émotionnelle me contrôlait. Je n’étais que la marionnette de mes sentiments. Tout m’échappait. Pourtant ! J’ai tenu bon. Je voulais m’en sortir et en finir avec ce terrible vide qui sévissait au fond de moi et autour de moi.
J’ai écouté la femme fragile, du moins, je me croyais fragile. J’ai pris le temps de me connaître, d’écouter mes appréhensions pour pouvoir les contrôler. D’autres en étaient capables, pourquoi pas moi du coup !
Mon instinct de survie m’a sauvé
A partir du moment où j’ai commencé à m’écouter, je me suis réconciliée avec mes peurs. Comme par magie, les pensées négatives commençaient à s’estomper à vue d’œil. J’ai commencé à voir le bout du tunnel, à planifier ma vie et à ne plus avoir peur de rester seule chez moi.
Petit à petit, j’ai repris goût à la vie. Je me suis efforcée à retrouver une vie sociale riche, à retrouver mes amis, à voir du monde. Toutes ces belles choses qui me semblaient anodines tellement j’étais complètement obsédée par ma vie de couple. Je me suis oubliée et j’avais oublié le plaisir que procure la compagnie d’autrui.
Revoir du monde m’a également permis de relativiser et de vivre cette grosse déception avec moins de fatalité. Je me suis rendue compte que l’infidélité était répandue partout. Ça me rassurait quelque part.
Comment j’ai surmonté l’infidélité ?
Au fil du temps, la colère s’est estompée. Parce qu’au départ, ce sentiment d’injustice et de trahison m’a bouffé. Je n’arrêtais pas de me demander : Mais pourquoi moi ?
Ça me taraudait l’esprit. Ça m’obsédait et me tourmentait. C’est au moment où j’ai vraiment atteint le sommet de la douleur que je me suis résignée. J’ai compris que cela ne m’avancera en rien. Mon instinct de survie m’a permis d’accepter cette injustice du destin. Il y a des choses que l’on maîtrise et d’autre non. Il y a des choses que l’on subit car elles sont hors de notre portée.
Ces réflexions-là m’ont apaisée et m’ont permis d’accepter mon impuissance. Arrivée à ce stade, j’ai commencé à regarder ma vie autrement. J’ai accepté ce qui pourrait paraître inacceptable car cela m’a permis de trouver la paix et de passer l’éponge. »
M.K
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