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Lamia 26 ans : "Cette « histoire » de cancer du sein m’a aussi fort changée"

  • Lamia 26 ans : "Cette « histoire » de cancer du sein m’a aussi fort changée"

 
 
Le 23 août 2016 j’avais un jour de congé. Ce matin-là j’ai senti une petite boule dans mon sein gauche. J’ai toute suite eu mal au ventre : « Ce n’est pas bon signe ». Du côté de ma mère, le cancer du sein de type BRCA1 n’est pas inconnu. J’ai laissé ma maman palper et j’ai vu la peur dans ses yeux. Elle a immédiatement appelé notre médecin généraliste ainsi que la clinique et j’ai pu encore aller le jour-même faire une écho de mon sein gauche.
 
L’écho a montré clairement qu’il ne s’agissait ni d’un kyste, ni d’une inflammation. C’était une curieuse petite boule asymétrique avec des bord rugueux. On a tout de suite prélevé des échantillons de tissus pour les analyser. Plus tard dans la semaine, la mauvaise nouvelle est tombée : cancer du sein triple négatif, agressif et à propagation rapide. J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Le traitement prescrit dans un premier temps : deux sorte de chimio, opération et radiations.
Et puis soudain, votre instinct de survie reprend le dessus. Vous ne voulez pas, mais vous n‘avez pas le choix. Vous devez vous battre et continuer d’aller de l’avant.
Les expériences liées à la chimio sont différentes pour chaque personne, mais une chose est certaine : c’est tout sauf agréable ! D’un autre côté, la chimio se charge de détruire les mauvaises cellules (en même temps qu’une grande partie des bonnes …). Des adaptations peuvent se faire durant toute la durée du traitement. Si votre taux de globules blancs est trop bas ou si vous êtes trop malade, il est possible que la chimio soit reportée.
Ma toute première chimio a débuté le 19 septembre 2016, en décembre on a retiré la tumeur. De mi-janvier jusqu’au 13 février j’ai suivi la série de chimio la plus lourde. Bien que moralement et physiquement ce furent des moments difficiles, mais j’ai réagi favorablement à tous les traitements.

Une décision difficile

Comme dans ma famille il y a tellement de femmes touchées par le cancer du sein, j’avais déjà souvent réfléchi : « Et si ça m’arrivait ? Je ferais quoi ? »
En 2014, ma maman a pris la courageuse décision de procéder préventivement à une amputation bilatérale des seins avec reconstruction mammaire immédiate au moyen de tissus prélevé dans le ventre. Ma décision était claire. J’opterais pour la même opération mais, bien sûr dans mon cas, plus dans un but préventif. Les médecins ont toujours pris du temps pour répondre à mes questions et m’ont soutenue dans mes choix. Comme ma décision concernant l’amputation était ferme et définitive, et que le traitement avait si bien fonctionné, on a pu arrêter les radiations.
Le 20 avril 2017, le moment était arrivé. J’ai passé 10 heures sur la table d’opération pour me faire enlever ces seins qui m’avaient rendue si malade et procéder à une reconstruction mammaire.
C’est un choix très difficile mais surtout très émotionnel. Pour moi en tout cas, cela fait partie du concept d’être une femme « à part entière ». On sait que ce ne sera plus jamais comme avant mais, heureusement, les chirurgiens plasticiens peuvent faire beaucoup de chose de nos jours. Les 3 premiers jours vous avez mal aux lésions dans le ventre, mais c’est tout à fait normal. Par contre, les seins ne font plus mal (vous ressentez une forme d’engourdissement/d’endormissement). Une petite semaine plus tard j’étais déjà à la maison et je dois avouer : chaque jour je me sens de mieux en mieux.
 
Toute cette « histoire » de cancer du sein m’a aussi fort changée. Je regarde la vie différemment et je sens que, de cette « histoire », je peux en faire quelque chose.
Ce n’est jamais le bon moment pour avoir le cancer du sein, mais les gens sont peu conscients que cela peut aussi arriver lorsqu’on est jeune. J’avais 25 ans et ça a été difficile de trouver des personnes de mon âge dans la même situation que moi. Étant une jeune femme, on a des questions et des préoccupations différentes :
qu’en sera-t-il de mes relations ?
Et ma fertilité ?
Les prédisposition génétiques ? 
Entretemps, j’ai trouvé quelques femmes de 25/30 ans mais aussi de compagnes faisant partie d’autres catégories d’âge. Nous nous envoyons régulièrement des petits messages, des mises à jours concernant les traitements, des conseils. Nous nous remontons le moral l’une l’autre et nous crions et jurons aussi une bonne fois de temps en temps.
Je voudrais inciter les gens à oser en parler ouvertement. Parlez du cancer du sein, facilitez le dialogue à ce sujet dès le plus jeune âge !!!

Aimez vos seins et, pour cela, faites les contrôler régulièrement par votre gynécologue ou votre médecin généraliste.

Lamia.M

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