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Houcem Abdelli ne mérite que notre mépris

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Houcem Abdelli, jeune homme âgé de vingt-sept ayant vécu au sein d’une famille résidant dans la région de Douar Hicher, était un individu totalement inconnu et ordinaire. Comme une grande majorité des adolescents tunisiens, Houcem était un fervent supporteur d’une équipe de football nationale. Il buvait et consommait même de la drogue douce. Un parcours classique pour un adolescent révolté ayant choisi de mettre terme à ses études, prématurément.
Il lui a fallu attendre la révolution pour avoir une illumination, survenue à lui sous la forme d’un rêve : on raconte que Houcem a soudainement décidé de se convertir d’un jeune homme aimant la vie à un individu adorant la mort le lendemain d’un cauchemar. Houcem aurait vu, en rêve, sa propre personne aller en enfer. Le lendemain, il s’est rendu à une mosquée de la zone où il a demandé à ce qu’on lui apprenne comment devenir un fidèle.
Début de la descente aux enfers, Houcem a choisi son camp ; celui de la barbarie, du sang et de l’enfer sur terre. Houcem n’a pas hésité, quelques années après sa métamorphose, d’enfiler une ceinture explosive et de l’activer au bord d’un minibus de la Garde présidentielle. Houcem a fait pleurer douze familles et a fait régner la terreur sur tout un pays.
Que peut-on ressentir face à un individu pareil à part le mépris et la haine ? Comment peut-on définir Houcem à part de barbare et de monstre ?
Malheureusement, et en suivant le plateau de Ness Nessma hier, plateau animé par Borhen Bassaïs, nous avons suivi une couverture, en direct, des événements et des témoignages se déroulant dans le quartier du kamikaze. La journaliste qui assurait la couverture a donné la parole à quelques jeunes du quartier qui ont pris la liberté de faire l’éloge de Houcem Abdelli et de lui dresser le profil d’une victime. Oui vous avez bien lu, Houcem l’assassin a été traité hier, en direct, de pauvre victime ayant été obligé de s’allier aux organismes terroristes à cause de la pauvreté dans laquelle il a vécu toute sa vie.
Vous vous souvenez certainement de Nessim Soltani, le cousin de Mabrouk Soltani. Lui aussi a vécu toute sa vie dans la misère, le froid et la faim. Mais Nessim a choisi la vie, il a profité de l’abominable assassinat de son cousin pour crier à la télévision être prêt à s’armer et à affronter les terroristes qui se cachent sur les hauteurs du pays. Nessim a même estimé qu’un million de Tunisiens pouvait très bien mourir pour que les onze million autres puissent vivre sereinement.
Pourquoi Nessim n’a pas été métamorphosé par les terroristes alors qu’il est très pauvre et il cohabite presque avec eux ? Quand est-ce qu’on arrêtera de trouver des explications à ces fous de dieu qui choisissent de tuer nos soldats pour se retrouver dans un paradis plein de vierges et de vin ?
Le terrorisme ne sera jamais vaincu en Tunisie si l’on ne choisit que la voie sécuritaire pour lutter contre ce fléau. Le problème aujourd’hui est clair : nous vivons une réelle crise d’étique qui doit cesser dans les plus brefs délais.
Ghalia Ben Brahim

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