Une claque empirique!
Une question académique en apparence. Une claque empirique, en réalité, pour tous ces experts tunisiens qui continuent à considérer l’exclusion bancaire comme un dommage collatéral inévitable.
Pourtant, la réponse est là, sans équivoque: oui, l’inclusion financière compte. Elle est même une aubaine pour le secteur bancaire. Mieux encore, elle réduit significativement l’incertitude économique et la fragilité du système bancaire.
Pourtant, la réalité tunisienne est choquante. Selon l’étude, 75 % des femmes adultes n’ont pas de compte bancaire! Du côté des hommes, nous parlons de 45%!
Une exclusion, qui d’après la chercheuse est loin d’être neutre et inévitable. Elle est surtout un facteur aggravant de l’incertitude économique. Le système bancaire tunisien est un système fermé, concentré sur une minorité de clients formels, urbains et solvables, ce qui le rend automatiquement plus fragile et instable. Sous couvert de prudence et de gestion de risque, il filtre et exclut 75% des femmes tunisiennes actives!
Exclusion économique genrée
Les récits se ressemblent dans les quartiers marginalisés. Les femmes rurales sont tout bonnement bannies du système bancaire tunisien.
« On m’a dit que c’était compliqué, que ce n’était pas pour moi », raconte Leila, aide ménagère à Monastir.
« On m’a demandé un contrat de travail que je n’ai jamais eu », confie Sihem, artisane de Kairouan.
L’absence de proximité géographique des agences bancaires est elle aussi un ultime signe d’exclusion. C’est d’autant plus notoire dans les zones rurales. Le message est clair : vous n’êtes pas bancables! Une marginalisation sociale doublée d’une grave erreur macroéconomique.
Quand les banques excluent les femmes, c’est l’économie tunisienne qui vacille



