Stérilet : Ce qu’il faut savoir avant de le choisir
- société

Par Dr Ines DERBEL
Psychothérapeute – Sexologue –
On pourrait croire que la femme tunisienne, relativement aux autres femmes arabes, jouit d’une liberté de choix. Les acquis sont indéniables dans beaucoup de domaines, mais dans une société qui qui prône toujours la suprématie du mâle, avec le recul de l’âge du mariage, et l’évolution des mœurs, comment les jeunes femmes vivent elles leur sexualité ?
La virginité, cette notion ou plutôt ce petit bout de membrane qui reste sacralisé au 21 ème et qui conditionne lourdement l’éducation des jeunes (voire très jeunes) filles avec une surveillance « vigilante », un discours maternel dans la prohibition et l’interdiction sans aucune explication : « mata3malech », « «3ib », « 7ram », « khmaj », fais attention en faisant du vélo ou à cheval, fais attention avec le jet d’eau dans les WC, toujours serrer les cuisses en s’asseyant et j’en passe.
Contrairement aux garçons pour qui il n’existe aucun message sexuel dans le discours parental qui reste implicitement permissif (pourquoi se soucierait-on de leur cas ? ils n’ont pas une membrane à préserver eux), les jeunes filles sont constamment sollicitées avec des messages qui sont censés leur faire peur et créer une barrière d’interdit non pas pour les protéger des conduites à risque mais pour protéger leur VIRGINITE .
Même si cette dernière commence à être désacralisée, dans la majorité des cas elle reste un souci majeur aussi bien pour la gente féminine que masculine, et plusieurs femmes réussissent à la préserver. Pour certaines ça part d’une conviction profonde que la valeur d’une femme se mesure à sa chasteté, pour d’autres qui représentent la majorité c’est tout simplement pour trouver une place sur le « marché du mariage » car pour l’homme tunisien (à part quelques rares exceptions), il est tout simplement inimaginable d’épouser une femme qui n’est pas vierge.
Mais à quel prix cette virginité est-elle « préservée » ?
Peut-on résumer la virginité en ce petit bout de membrane alors que tout est permis sauf la pénétration ?
N’avons-nous pas raté un maillon de la chaine ayant fait que des jeunes filles pratiquent la sodomie sans protection croyant que le seul rapport à risque est la pénétration vaginale ?
La prohibition seule n’a jamais été la solution, le tabou et le manque de communication non plus. En ne laissant pas le choix aux jeunes filles, en leur imposant un tabou, celui-ci sera toujours convoité et en absence d’explication des risques encourus elles seront dans l’ignorance et le choix sera fait en fonction de ce qu’on leur a toujours inculqué : la préservation de la virginité sans prendre en considération certaines choses primordiales comme la protection.
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