×
  • The Mirage Hammamet
  • Marriott Sousse
  • ATB
  • Banque de Tunisie et des Emirats

Des intellectuels appellent à un nouveau cadre politique : Faillite d’un projet ‘trop beau pour être vrai’

  • Des intellectuels appellent à un nouveau cadre politique : Faillite d’un projet ‘trop beau pour être vrai’

Femmes Maghrébines
Neila Silini, Olfa Youssef, Youssef Seddik ou encore Jallila Baccar ont été parmi les quarante-deux signataires d’un communiqué qui appelle à la mise en place d’un nouveau cadre politique civil élargi pour sauver la Tunisie de la crise qu’elle traverse.
Ce collectif d’intellectuels explique, via son communiqué, que le pouvoir en place n’a pas su gérer la situation du pays qui se trouver menacé de plusieurs dangers dont, essentiellement, la menace terroriste. Rappelant que les autorités ont failli à leurs promesses – celles relatives, entre autres, à la révélation de la vérité quant aux assassinats politiques et aux maîtres de la corruption en Tunisie –les signataires ont exprimé leur déception du rendement du pouvoir en général et du mouvement de Nidaa Tounes en particulier dont la crise ne cesse d’apporter encore plus de tensions au niveau national et de nuire à l’image du pays sur le plan international.
Depuis sa fondation en juin 2012, le mouvement de Nidaa Tounes a rassemblé autour de lui plusieurs figures intellectuelles, artistiques ou encore activistes dans la vie sociale. Ces personnes ont été séduites par les programmes et les promesses du Nidaa et ont vu en l’initiative de Béji Caïd Essesbi l’unique rempart contre la montée du mouvement islamiste tunisien, Ennahdha.
Mais, et plus d’une année après la victoire de Nidaa Tounes aux élections législatives et à la Présidentielle, une crise de confiance s’est installée entre le mouvement et ses électeurs. Cela a commencé avec la nomination d’Habib Essid à la tête du gouvernement – une nomination qui avait provoqué une avalanche de contestations puisque certains s’attendait à ce que le chef du gouvernement émane du mouvement majoritaire – pour s’accentuer à l’entrée d’Ennahdha au sein du gouvernement.
A l’époque, les dirigeants du Nidaa ont assuré que cela leur avait été imposé à défaut du soutien du bloc parlementaire du Front populaire et ils avaient parlé d’une cohabitation avec les islamistes plutôt que d’une alliance avec les frères musulmans.
Depuis, la ‘cohabitation’ est devenue tellement confortable que les ennemis d’hier sont devenus les meilleurs amis d’aujourd’hui. Pour empirer encore plus la situation, la Tunisie a vécu, au cours de cette année, les trois pires attentats : l’attentat du musée du Bardo (une vingtaine de morts), l’attentat de l’hôtel l’Impérial de Sousse (une quarantaine de morts) et l’attentat du boulevard Mohamed V (une douzaine de morts). Aux lendemains de ces attaques, le pouvoir en place n’a pris aucune mesure digne de ce nom. Pire encore, les responsables n’ont même pas daigné tenir des discours qui puissent encourager les citoyens et les rassurer quant à l’avenir de leur pays.
Par ailleurs, Nidaa Tounes a failli à l’une de ses promesses fondamentale : la révélation de la vérité sur l’assassinat du martyr Chokri Belaïd et du martyr Mohamed Brahmi. Les enquêtes et les procès relatifs à ces deux affaires sont restés au point fixe et les familles Belaïd et Brahmi continuent de vivre le calvaire.
Quant aux promesses de l’annulation de la loi 52 ou encore celle de l’article 32 – relatif à la criminalisation de l’homosexualité – rien n’en a été fait et les arrestations dans ce cadre continuent de plus belle. La crise interne du mouvement – qui dure depuis plus de huit mois – a fini par exaspérer l’opinion publique et la prise de position du président de la République, qui s’est rangé du côté de son fils, a fini par tuer toute lueur d’espoir.
En janvier 2011, on n’a pas eu le temps de fêter le départ de Ben Ali ; le pays s’était immédiatement retrouvé dans une ambiance d’agressivité qu’on n’avait pas connue auparavant. Après les élections d’octobre 2011, on était trop pris à défendre nos acquis devant la montée de l’extrémisme religieux dans le pays. Au lendemain des élections de 2014, et après une illusion de victoire du camp modéré, nous nous sommes retrouvés face à une barbarie hors-parie.
Nous restons cependant debout et optimiste pour ce pays qui ne mérite que le meilleur.
Ghalia Ben Brahim

DOSSIERS SPÉCIAUX