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Quand Nessim parle, tout le monde se tait

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Femmes Maghrébines
L’affaire du jeune adolescent berger décapité par les terroristes a créé un état de choc en Tunisie.
Survenue quelques heures avant la série d’attentats ayant visé la capitale parisienne, cet acte terroriste abominable a suscité la réaction de tout le monde et, surtout, celle de la classe politique.
De plateaux en plateaux, nos politiciens nous ont servi, comme ils le font à chaque malheur, leur discours pitoyablement présenté avec les mêmes mots, la même langue de bois.
Personne ne pouvait les faire taire, personne ne pouvait leur tenir tête sauf un seul Tunisien : il s’appelle Nessim Soltani, cousin de Mabrouk.
Du haut de ses vingt ans et quelques poussières, Nessim est apparu un certain lundi soir sur nos petits écrans pour nous rappeler à quel point notre égoïsme et notre ego nous ont égarés.
Digne dans son deuil, lucide dans sa peine, Nessim a parlé de ses tripes. Ses mots sont tombés dans nos oreilles brisant toutes nos croyances.
Des mots venus d’ailleurs, des termes, que nous employons presque tous les jours, sont venus nous déconnecter de nos attentes quotidiennes, de nos peines infondées et de nos vaines attentes de l’avenir.
L’avenir, ce mot qui semble être étrange et étranger à Nessim, ce jeune homme qui, pour que sa sœur puisse continuer ses études et que sa mère puisse enfin se reposer après une vie pleine de durs labeurs, survit faute de vie… Nessim, celui qui se décrit tel un mort-vivant, nous a dévoilé un cœur que l’on croyait disparu de la Tunisie : celui du citoyen qui ne connait rien de sa citoyenneté mais qui se dit prêt à montrer par lui-même sur les hauteurs pour débarrasser le pays, une fois pour toutes, de tous ceux qui lui souhaitent mort et noirceur.
Nessim, ce ‘pauvre’ digne, a donné une leçon à tout un peuple en commençant par sa classe politique : grâce à lui, on a finalement pu passer outre la langue de bois pour retrouver, dans une douloureuse sérénité, la lucidité et la clarté de notre situation.
Nessim, ce prénom qui signifie une brise d’air frais, nous a apporté, via nos petits écrans, une brise de liberté nouvelle celle de nous défaire des maux de nos politiciens, de passer outre les attentes politiques, de nous réveiller et de nous dire : mais comment peut-on continuer comme cela ?
Aujourd’hui, Nessim et son cousin ont été reçus au palais de Carthage. Ils ont vu, de leurs propres yeux, le prestige de l’Etat et celui de ses représentants. Aujourd’hui, on a promis à la famille Soltani monts et merveilles : une nouvelle maison, des dons en abandon et un soutien moral sans concession. Tout sauf ce qu’a demandé Nessim dans son apparition : faire disparaître le terrorisme du pays pour que lui et sa famille puissent vivre tranquillement avec leur bétail, loin de nos délires et de ceux de nos gouverneurs, en ayant accès à cette montagne qui a vu s’éteindre le jeune Braïek, comme aimait tant l’appelait sa petite maman…
Excusez-nous Nessim, pardonnez-nous Mabrouk, vous méritez des compatriotes et une nation dignes de vous.
Ghalia Ben Brahim

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