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Un an que nous n’y croyons plus

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Femmes Maghrébines
Qui de nous ne se souvient pas de l’angoisse qui nous a pris ce même jour, une année en arrière ? On s’était tous précipités devant les bureaux de vote, plein de rêves et d’espoirs. On avait voté et passé des heures entières à nous demander si on avait fait le bon choix, si notre choix allait le remporter.
Et la délivrance fût, enfin, pour certains d’entre nous. ‘Nous’ avons gagné, l’Etat civil l’a remporté, et les cauchemars qu’on a vécus durant les trois dernières années seront enfin effacés.
Une année déjà qu’on a accompli notre devoir national, l’ultime devoir envers notre Patrie. L’Assemblée des représentants du peuple a pris la place de l’Assemblée nationale constituante, et nos nouveaux élus ont pris place nous promettant monts et merveilles.
Bien qu’au cours de cette année nous avons vécu les deux pires attentats terroristes que ne n’avons jamais vu auparavant – celui qui a visé le musée du Bardo et celui qui a visé l’hôtel l’Impérial situé à la zone touristique de la ville de Sousse – le bilan d’un an de nos élus et de nos ministres, sans oublier celui de la présidence de la République, laisse à désirer.
Entre les atteintes aux libertés individuelles – sachant que le jeune Marouen croupit encore en prison à cause de son homosexualité – et les cas de torture – deux jeunes sont morts en prison dans un silence assourdissant, le chemin est encore très long.
Sur le plan politique, les choses sont bien pires : le mouvement miracle, celui qui a réussi, en à peine deux ans d’existence, à remporter les élections législatives et la Présidentielle, est en train de passer par la pire des crises.
Cela a commencé avec la cohabitation Ennahdha/Nidaa Tounes : jusqu’à la veille des élections, tous les dirigeants du Nidaa, y compris Béji Caïd Essebsi, ont nié avoir l’intention de collaborer avec Ennahdha. Quelques semaines plus tard, les mêmes personnes se sont engagées à défendre la cohabitation, nécessaire selon eux pour la stabilité sociale dans le pays, avec le mouvement islamiste.
Quelques semaines plus tard, Nidaa Tounes s’est vu obligé d’aller vers cette collaboration de peur de voir son gouvernement ne jamais obtenir la confiance du Parlement. Cette démarche a valu au parti majoritaire du pays une régression auprès de son électorat : les explications et les arguments des leaders Nidaïstes n’ont pas réussi à convaincre certaines personnes ayant voté en leur faveur.
Cela n’a fait qu’empirer avec l’éclatement de la crise du Nidaa : une bataille opposant le fils de Béji Caïd Essebsi, Hafedh, au secrétaire-général du mouvement, fraîchement nommé, Mohsen Marzouk. Alors que le mouvement s’apprête à vivre son premier congrès national – qui devra déterminer les personnes à prendre les commandes du mouvement pendant les années à venir – deux clans se sont formés au sein du mouvement.
Chaque dirigeant ayant choisi son camp, les batailles du Nidaa sont livrées au vu et au su de tout le monde sur les différents organes médiatiques : télés, radios et journaux, les dirigeants ne ratent aucune occasion pour livrer tous les détails de cette affaire.
Une année après qu’on ait accordé notre confiance en eux, nos élus ainsi que nos politiciens nous donnent l’impression qu’ils ne font aucun effort pour nous démontrer leur bonne volonté. En attendant de les voir bouger !

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