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Saliha, la diva tunisienne

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Par Nawel Bizid
Saliha, devenue très vite l’une des pionnières de la musique en Tunisie grâce à son autodidactisme, à sa résistance et sa persévérance. Et comme toute belle chose, elle a quitté la vie très tôt à l’apogée de sa gloire et laissa derrière elle un riche répertoire, ce qui lui a valu le nom de «kawkab echarq ettounissia».
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De son vrai prénom, Sallouha Bent Ibrahim Ben Abdelhafidh est née en 1914 au village de Nebber du gouvernorat du Kef.
A cause de sa voix et son style bédouin, Saliha a été à maintes reprises victime de régionalisme surtout dans ses débuts. Elle a été toujours jugée et rejetée par les familles tunisoises à cause de ses habits et son accent campagnard. Mais malgré cela, elle a résisté et est arrivée à les charmer grâce à la même chose qui les laissaient la refuser, le « A’roubi », une nouvelle mode musicale initiée dans le temps par Saliha.
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L’avocat Hassouna Ben Ammar fut le premier à l’avoir découverte et la présenter par la suite à l’artiste Bachir Fahmi qui avait parié sur ses capacités vocales en lui ouvrant la voie pour participer à plusieurs concerts dont notamment celui organisé à l’inauguration de la Radio Tunisienne en 1938, date à laquelle les compositeurs ont commencé à s’intéresser à sa voix bédouine, à savoir Khémais Tarnène, Mohamed Triki et Salah El Mehdi.
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Puis, elle croise le chemin de Mustapha Sfar, fondateur de La Rachidia, qui lui fait intégrer l’institution marquée alors par la présence de Chafia Rochdi.
Il est alors convenu qu’elle touche une rémunération mensuelle et bénéficie d’un logement dont le loyer est pris en charge par La Rachidia. En contrepartie, elle s’engage à ne chanter qu’au profit de La Rachidia. Les musiciens Khemaïs Tarnane, Mohamed Triki et Salah El Mahdi la prennent alors sous leurs ailes et lui composent une série de chansons dont les paroles sont écrites par d’illustres poètes appartenant à Taht Essour. Dès le départ, ces chansons sont des succès tels qu’Abdelhamid Ben Aljia déclare : « Saliha et La Rachidia ne font plus qu’un ». Encensée par la critique, elle affronte dans le même temps une succession d’échecs affectifs. Elle déserte finalement La Rachidia pour entreprendre un nouvel itinéraire artistique plus conforme à ses aspirations.
«Freg Ghzeli» (Mon ami m’a quittée), «Khali Baddalni» (Mon oncle m’a laissée tomber), «Zaama Yesafi Eddahr» (le temps ne pardonne pas), «Ya machkaya» (la plaignante), toutes constituent une composition de Mohamed Triki, figurent parmi ses plus célèbres chansons.

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