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Face à l’augmentation alarmante des violences basées sur le genre, la Faculté de Médecine de Tunis et l’association Aswat Nissa scellent un partenariat historique. Objectif : transformer la prise en charge des victimes en une priorité médicale absolue et humaine.
Par la Rédaction — Temps de lecture : 5 minutes
En Tunisie, le combat contre les violences faites aux femmes franchit une étape institutionnelle majeure. Dans un contexte où les rapports de la société civile tirent la sonnette d’alarme sur la persistance des agressions physiques et sexuelles, une alliance inédite vient d’être officialisée. La Faculté de Médecine de Tunis, pilier de la formation académique de santé, et Aswat Nissa, figure de proue du militantisme féministe, unissent leurs expertises pour créer un bouclier de protection d’urgence.
Ce partenariat repose sur un paradigme clair : la violence sexuelle n’est pas seulement un fait social ou juridique, c’est une urgence médicale et psychologique extrême. L’initiative vise à briser le cycle du traumatisme par une intervention immédiate.
L’intégration de protocoles médicaux spécialisés au sein de la Faculté de Médecine permet désormais de garantir :
L’immédiateté des soins : Réduire le temps d’attente pour limiter les séquelles physiques.
La confidentialité absolue : Un impératif pour sécuriser la libération de la parole.
L’expertise médico-légale : Une documentation rigoureuse pour soutenir les futures démarches de justice.
Si le corps médical soigne les plaies, la société civile répare les vies. Le rôle d’Aswat Nissa dans ce dispositif est névralgique. L’organisation assure le continuum de soins à travers un accompagnement psychologique et juridique durable. Ce « parcours de sortie » permet aux victimes de ne plus se sentir isolées une fois les soins d’urgence prodigués.
Cette coopération entre le secteur public de la santé et la société civile illustre une volonté de réponse globale, intégrant le plaidoyer et la sensibilisation pour transformer les mentalités au-delà des murs de l’hôpital.
L’un des défis majeurs identifiés par ce projet est la fragmentation des services. Trop souvent, le parcours d’une victime est un parcours du combattant entre commissariats, hôpitaux et tribunaux.
La nouvelle stratégie prévoit une coordination millimétrée entre :
Les unités médico-légales pour la preuve.
Les services hospitaliers pour la santé.
Les structures d’écoute et associations pour la reconstruction.
L’enjeu est d’éviter le « traumatisme secondaire », ce phénomène où la victime revit son agression à cause de procédures administratives ou médicales froides et répétitives.
Au-delà de l’action directe, ce partenariat entre la Faculté de Médecine de Tunis et Aswat Nissa est un acte politique et social. Il souligne l’urgence d’améliorer la réponse institutionnelle face à des violences qui restent multiformes (psychologiques, conjugales, économiques).
En plaçant la dignité de la victime au centre du protocole, la Tunisie se dote d’un modèle de prise en charge plus humain, structuré et résolument tourné vers l’avenir. C’est un pas de plus vers une société où la protection des femmes n’est plus une option, mais un droit fondamental garanti par l’alliance de la science et de l’engagement citoyen.
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