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La censure littéraire dans le monde arabe : Etats des lieux et solutions

  • La censure littéraire dans le monde arabe : Etats des lieux et solutions

La censure littéraire dans le monde arabe, tel est le thème discuté lors de la dernière séance de la 4ème Conférence des éditeurs arabes tenue le 9 et 10 janvier 2018.
L’écrivain et romancier tunisien Chokri Mabkhout a, dans son intervention, mis l’accent sur les caractéristiques de l’auteur de la censure des œuvres littéraires, affirmant dans ce sens qu’il n’est guidé que par la peur et l’hypocrisie sociale. Pour Mabkhout, le problème n’est ni dans la langue arabe ni dans la littérature mais il réside en la capacité des musulmans à croire dans la liberté individuelle comme contrat et à la respecter.
Et d’ajouter  » la censure des œuvres littéraires n’a plus de sens aujourd’hui avec la démocratisation des TIC  » mentionnant à ce sujet par exemple que son livre « Ettalyeni » (L’Italien) est téléchargeable gratuitement dans les plateformes de téléchargement depuis sa parution.
En s’appuyant sur sa propre expérience et la censure de ses livres dans plusieurs pays du monde arabe, l’écrivain et journaliste égyptien Ahmed Chahaoui a mis l’accent sur la censure gouvernementale, sociétale et religieuse dans le monde arabe en appelant dans ce sens les écrivains et les éditeurs à résister pour renforcer la liberté d’expression dans le monde arabe qui demeure selon lui limitée.
De son côté, l’écrivaine libanaise et directrice de l’organisation  » Pen International  » au Liban, Imen Hamidane a souligné l’importance de la société civile dans l’essor du livre et la lutte contre la censure. « Grâce aux associations et aux clubs littéraires, la société civile constitue le trait d’union entre la maison d’édition et le lecteur  » a mentionné l’écrivaine en évoquant le rôle des clubs de lecture initiés par son organisation dans les écoles et les collèges des régions défavorisées du Liban.
L’écrivaine a, à ce sujet, indiqué que depuis 2015, les clubs de lecture ont permis aux jeunes des écoles lycées et collèges défavorisés à découvrir des écrivains inconnus dont les oeuvres ne sont pas introduites dans les programmes d’enseignement.  » Cette démarche permet au lecteur d’explorer des voix différentes et plus proches de la réalité  » a fait savoir Imen Hamidane qui estime que cette approche permet de contourner la censure en créant une génération qui lit et qui sera prête à se battre pour la liberté d’expression.
Notons que les recommandations issues de la 4ème Conférence des éditeurs arabes tenue le 9 et 10 janvier 2018 seront transmises à la conférence des ministres de la Culture arabes, organisée aujourd’hui jeudi, en partenariat avec le ministère des Affaires culturelles et l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (Alecso).

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