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« « Ça va ? » : Pourquoi nous mentons tous… »

  • « « Ça va ? » : Pourquoi nous mentons tous… »

Par Marine El Hajj

« Ça va bien ? » Voilà une question facile et légère, une formule utile et commode lorsque l’on rencontre quelqu’un. En Tunisie, le fameux « Labess » est devenu une réponse automatique, un réflexe social. C’est la réponse qui est généralement attendue… Et si notre interlocuteur commence à partager ses états d’âme, on va généralement s’impatienter et regretter d’avoir posé cette question !

La vérité derrière la politesse

Pourtant, à la base, la question « ça va bien ? » est une bonne question. Rien ne devrait être plus important et plus agréable que de constater que l’autre se soucie de notre bien. Mais il faut alors envisager que cette question n’est pas simplement une question rhétorique ou une formule de politesse.

La réponse « ça va » devrait refléter le véritable état de la personne. Une version plus longue de la réponse pourrait alors comporter beaucoup d’éléments et supposer une démarche minimale d’introspection. Imaginez que la question « Ça va bien ? » résonne autrement à nos oreilles, qu’elle devienne une invitation à l’authenticité, nous obligeant à nous demander comment on est vraiment.

Le bonheur ne se résume pas à « tout avoir »

Être bien est un état global. Ce n’est pas seulement la réussite dans un domaine précis.

  • Si l’on a un bon boulot à Tunis ou ailleurs, cela veut dire simplement que notre vie professionnelle va bien.

  • Si l’on a de l’argent, cela veut dire qu’on a une vie aisée.

  • Si l’on a une belle famille, cela veut dire qu’on est bien entouré.

Mais est-on bien simultanément à tous ces niveaux ? Y a-t-il d’autres aspects de notre existence à prendre en considération ? Certaines personnes, dont la vie nous semble parfaite ou irréprochable, sont néanmoins en état de détresse. Si ces personnes ont « tout » pour être heureuses… mais ne le sont pas, c’est bien qu’il leur manque quelque chose d’essentiel.

Le bien-être spirituel : Le pilier oublié

Peut-on savoir si on est vraiment bien alors qu’on n’a pas pris en considération tout notre être : le corps, le psychique et l’esprit ?

Aujourd’hui, nous sommes sensibilisés à l’importance du sport et de la nutrition. De même, de plus en plus de Tunisiens n’hésitent plus à consulter pour leur santé mentale. Mais la dimension spirituelle reste souvent négligée ou mal comprise.

Pourtant, de nombreuses recherches soulignent l’effet positif de la vie spirituelle ou religieuse sur la santé globale. Mais cette dimension ne demande-t-elle pas d’être valorisée pour elle-même ? Sans elle, la personne est comme « handicapée ». Face à une épreuve, une fragilité intérieure peut soudainement révéler notre vulnérabilité. On se sent alors impuissant, en manque d’espoir, les valeurs ébranlées.

Comment retrouver la paix et son équilibre intérieur ? En favorisant son bien-être spirituel. On peut le définir comme la capacité de ressentir et d’intégrer le sens et le but de la vie à travers les liens avec soi, les autres, l’art, la nature, ou une force supérieure.

Les premiers soins spirituels : La méthode MA-SPI

Le principe de base est de ne pas chercher les réponses uniquement en dehors de soi. Comme le corps dispose de moyens pour retrouver son équilibre (homéostasie), l’esprit a ses propres facultés.

La démarche MA-SPI (Moyen d’Aide Spirituelle) invite à cultiver cette force intérieure. Il s’agit de mobiliser ses propres ressources, ses repères et sa créativité (musique, littérature, méditation) pour réintégrer le sens de sa vie. Le bien-être n’est pas une destination, mais une capacité que l’on entretient chaque jour.

A suivre …

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