« La Symphonie des Légendes » : Des notes pour la vie par le Le Rotary Club Tunis Médina
- société
Par Ghalia Ben Brahim
Vous l’avez vue dans plusieurs rôles, vous avez été, à chaque fois où vous l’avez vue jouer, étonnés par la grandeur de sa performance et son impressionnante présence. Depuis l’année dernière, elle s’est dévoilée à nous sous un autre angle : celui de la femme tenant tout un réseau mafieux sous sa commande. Omi Yemna, le nom du personnage joué par Zahira Ben Ammar dans le feuilleton Naaouret Lahwé(Le moulin), est une femme qui d’apparence, du moins lors de la première saison du feuilleton, semblait être une dame âgée surveillant de près la vie de sa fille et ses deux petits-enfants. Pendant presque toute la saison précédente, Omi Yemna semblait faire une projection sur la vie de sa famille et vivait dans un calme absolu entre ses livres, sa musique et ses cigarettes. Pour que l’on découvre à la fin de la saison que cette gentille dame n’est autre que le chef de tout un réseau de mafia manipulant et commandant presque tous les autres personnages. Pour cette saison, le rôle de Zahira Ben Ammar a pris plus d’ampleur et sa présence est devenue la clé même de tout le feuilleton. A quelques épisodes, sachant que le feuilleton contient trente épisodes pour cette année, les apparitions d’Omi Yemna sont vitales et majeures. La dernière scène qui a retenu notre attention est celle où l’on voit Zahira Ben Ammar interrogeant, avec beaucoup d’insistance, son otage. Une scène où l’actrice a dévoilé une performance hors-pair.
L’unique Zahira Ben Ammar nous a reçues afin de répondre à quelques-unes de nos questions. Nous avons été surprises par la personne de cette grande actrice. Timide, humble et d’une subtilité rare et fine.
Femmes Maghrébines
Comment évaluez-vous l’image de la femme Tunisienne à travers votre participation à ce feuilleton ?
Zahira Ben Ammar
J’estime que NaarouetLaahwé a essayé de dévoiler au téléspectateur une femme qui ressemble à la femme Tunisienne. Cette femme qui ne dispose pas d’un profil unique puisque nous avons des femmes de principes, des femmes ouvrières, des femmes soumises, des femmes battantes, des femmes libérées, des femmes exploitées etc… A travers ce feuilleton, les différents aspects de la femme tunisienne ont été repris et soigneusement transmis au public. Un public qui ne s’est pas heurté à une image qui lui est étrange et étrangère.
FM: Estimez-vous que ce feuilleton a essayé, pour le mieux, de traiter les problématiques de la femme ? Surtout qu’au cours des événements, on remarque qu’à chaque fois qu’une femme échoue, une autre réussit.
ZA: Dans la vie, il y a les échecs, les dépressions et les réussites. S’il n’y avait pas d’échec, il n’y aurait certainement pas de réussite. Pour le feuilleton, ce qui m’a amenée à y prendre part c’est son scénario et je tiens à l’exprimer haut et fort. L’année dernière, quand j’ai lu le texte, j’ai compris qu’il s’agissait d’un bon travail contenant de la recherche, de la profondeur, du rythme et de la cohérence. Pour le scénario de cette année, il a continué dans le même élan tout en ajoutant de nouveaux éléments créant ainsi la différence.
FM:Pour cette nouvelle saison, Naaouret Lahwé a choisi de traiter le monde de la politique avec insistance et précision, comment évaluez-vous ce choix ?
ZA: Pour ceux qui disent ‘pourquoi nous infliger de la politique dans un feuilleton or que nous en avons marre’ ? Je réponds qu’aujourd’hui il est vraiment impressionnant de voir un feuilleton traité de la politique d’une façon pareille sur la chaîne nationale. Un feuilleton qui brise les tabous et ose aller là où il faut. Avant, pour voir ce genre de travaux, il fallait aller au théâtre ou, d’une façon moins intense, au cinéma. Nous devons être satisfaits aujourd’hui de voir que nous pouvons oser traiter de tous les sujets.
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