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Charge mentale en Tunisie : Quand les femmes pensent pour tout le monde… et comment en sortir

  • Charge mentale en Tunisie : Quand les femmes pensent pour tout le monde… et comment en sortir

Anticiper, organiser, prévoir, planifier… sans jamais s’arrêter. C’est le quotidien invisible de milliers de femmes tunisiennes. Elles gèrent le travail, la maison, les enfants, les parents… et souvent, même les imprévus. On appelle cela la charge mentale : ce poids psychologique qui épuise et qui reste encore largement sous-estimé dans notre société.

 Des chiffres qui en disent long

Selon les dernières données de l’ONU Femmes, les Tunisiennes consacrent en moyenne plus de 21 % de leur temps quotidien aux tâches domestiques et aux soins non rémunérés, contre seulement 2,7 % pour les hommes. Une inégalité criante qui s’ajoute souvent à une activité professionnelle à temps plein.

Et ce n’est pas tout : 53 % des femmes salariées affirment que leur charge mentale impacte directement leur performance au travail, selon une étude Ifop menée sur la région MENA. Stress, fatigue émotionnelle, difficultés de concentration… Les conséquences sont bien réelles.

 Pourquoi les femmes tunisiennes sont en première ligne ?

La culture, les habitudes, l’éducation… mais aussi l’absence de politiques publiques réellement contraignantes en matière d’égalité dans la sphère domestique.

En Tunisie, même les femmes les plus diplômées et les plus engagées professionnellement se retrouvent souvent à devoir tout gérer. Planifier les repas, suivre les devoirs des enfants, organiser les rendez-vous médicaux, gérer les fêtes familiales, anticiper les besoins du foyer… La liste est infinie.

« On parle beaucoup d’égalité au travail, mais très peu de ce qui se passe à la maison. Pourtant, c’est là que tout commence », confie Leila, cadre dans une multinationale basée à Tunis.

 Les risques silencieux : stress, épuisement et burn-out

Quand le mental ne décroche jamais, le corps finit par lâcher :

  • Insomnies

  • Anxiété

  • Irritabilité

  • Sentiment d’être « dépassée »

  • Perte de confiance en soi

  • Burn-out parental ou professionnel

Une souffrance discrète, mais profondément enracinée.

 Comment alléger (enfin) cette charge mentale ?

Changer les choses demande du courage… mais c’est possible.

Déléguer : Impliquer réellement le conjoint, les enfants, voire externaliser certaines tâches.

Apprendre à dire non : Refuser certaines responsabilités quand elles deviennent trop lourdes.

S’organiser autrement : Utiliser des outils de planification partagée pour rendre la charge visible et équitable.

Communiquer sans culpabilité : Exprimer ses besoins, son ras-le-bol… sans attendre d’être à bout.

Se ménager du temps pour soi : Parce qu’une femme épuisée n’est utile pour personne.

Un enjeu féministe et sociétal

La charge mentale n’est pas un problème individuel. C’est un révélateur puissant des inégalités qui persistent dans nos foyers et dans nos mentalités.

En parler, c’est refuser de rester silencieuses. C’est inviter à un changement culturel. C’est revendiquer le droit d’être pleinement femmes, professionnelles, mères… sans être les seules à tout porter.

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