« Ce qu’on ne vous dit pas avant la nuit des noces » : Le premier guide tunisien qui brise les tabous pour une société réconciliée
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Par la Rédaction – 12 juin 2025
Avec une reprise impressionnante ces deux dernières années , le tourisme tunisien est de retour sur la scène régionale et internationale. Près de 4 millions de touristes ont déjà visité le pays depuis le début de l’année, et l’on s’attend à franchir le cap des 11 millions d’ici décembre 2025.
Mais cette croissance peut-elle s’appuyer uniquement sur les recettes traditionnelles ? Entre hôtels classiques, plages et packages low-cost, le secteur montre ses limites. Aujourd’hui, c’est l’innovation et la créativité qui apparaissent comme les nouveaux moteurs de l’attractivité tunisienne.
Face à la concurrence régionale – Maroc, Égypte, Turquie – la Tunisie doit se réinventer. Non pas en misant uniquement sur le volume, mais sur la valeur ajoutée : qualité de l’expérience, authenticité, durabilité, inclusion. Ce tournant passe nécessairement par des approches créatives et locales, souvent portées par de jeunes entrepreneurs, artistes, architectes, ou artisans.
Des projets comme ceux de Dar El Janna à Testour, Dar Arfa à Nefta ou encore Maison Bleue à Sidi Bou Saïd montrent une autre image de la Tunisie. Ils valorisent le patrimoine local, la gastronomie du terroir, l’artisanat et une hospitalité humaine, loin des chaînes internationales.
Le développement de circuits artistiques à Djerba, de festivals immersifs comme Dream City à Tunis ou de résidences d’artistes dans le Sud montre une nouvelle facette de l’offre tunisienne : intellectuelle, engagée, connectée aux jeunes générations.
Plusieurs projets d’écotourisme en zone rurale ou dans les oasis du Sud s’appuient sur des solutions low-tech, le recyclage, les énergies renouvelables ou encore l’agriculture biologique. Ils attirent une clientèle européenne à la recherche de sens, et valorisent les savoir-faire locaux.
Selon l’ONTT, plus de 35 % des nouveaux projets touristiques déposés en 2024 comportaient une dimension créative ou durable.
Les maisons d’hôtes ont enregistré une croissance de +22 % des réservations par rapport à 2023.
Le tourisme culturel représente désormais 13 % des entrées touristiques selon le ministère de la Culture, contre 6 % en 2018.
Mais les freins restent nombreux : bureaucratie, manque d’investissements ciblés, lenteur de la digitalisation, et surtout un système d’accompagnement entrepreneurial encore trop fragile.
Pour que la Tunisie consolide sa position de destination méditerranéenne d’avenir, il faudra :
Soutenir les initiatives locales, notamment dans les régions intérieures.
Investir dans les infrastructures culturelles et dans les festivals de qualité.
Créer des ponts entre tourisme, éducation et numérique, en valorisant les talents des jeunes dans le design, l’audiovisuel, la tech.
Miser sur des partenariats publics/privés autour de projets créatifs et responsables.
Le tourisme tunisien a l’opportunité historique de devenir bien plus qu’un simple levier économique. Il peut devenir un espace de création, d’innovation et de rayonnement culturel, où l’authenticité locale se conjugue avec les aspirations globales. Encore faut-il oser la rupture avec les anciens modèles.
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