Fin du minimalisme : Quand la mode devient une prise de pouvoir
- société
Par la Rédaction | 12 juin 2025
En Tunisie, des centaines de milliers de femmes travaillent dans l’économie informelle — sans protection sociale, sans statut légal, souvent dans des conditions précaires. Pourtant, elles représentent une force économique essentielle, participant quotidiennement à l’agriculture, au commerce de rue, à la collecte des déchets ou au travail domestique. Il est temps de les réintégrer pleinement dans une économie juste.
En 2014, près de 306 000 femmes, soit 32,5 % des employées, travaillaient dans l’informel (agriculture, commerce, couture…)
Elles occupent environ 43 % des emplois féminins ruraux, et seulement 3 % bénéficient d’une sécurité sociale
Globalement, 44 % des emplois privés sont informels, soit environ 1,6 millions de travailleurs, dont un grand nombre de femmes .
Le poids de l’informel dans le PIB est d’environ 35 % en 2020, ce qui traduit un manque à gagner fiscal et social considérable
Équité sociale et économique : ces femmes créent une richesse réelle mais n’ont ni retraite, ni assurance santé, ni droits syndicaux.
Prévention de la vulnérabilité : sans statut, elles sont les premières victimes de la pauvreté, de l’exploitation et de l’absence de protection.
Croissance inclusive : intégrer ces travailleuses, c’est accroître le PIB « formel », soutenir les plus démunies, et renforcer la résilience nationale.
Étendre et renforcer le statut d’auto-entrepreneur lancé en 2024-25 pour permettre aux travailleuses indépendantes de se déclarer facilement, accéder à la sécurité sociale, et obtenir des crédits
Organiser des sessions mobiles d’immatriculation dans les zones rurales et quartiers informels.
Créer un régime spécial pour les saisonnières agricoles et collectrices de déchets, avec couverture minimale — santé, accidents, maternité, retraite.
Assurer une protection juridique modérée contre les violences économiques et contraintes sociales.
Développer des coops de femmes (artisans, recyclage, agriculture), avec formations à la gestion, marketing et transition écologique .
Promouvoir des microcrédits inclusifs et respectueux, avec des taux adaptés et sans conditions excessives.
Réglementer le transport des travailleurs saisonniers, souvent dangereux, comme l’ont souligné des associations et ONG tunisiennes
Fournir un transport sûr et subventionné, notamment en zones rurales.
Recueillir données régulières sur le travail informel féminin et les intégrer dans les politiques publiques
Valoriser ces métiers dans les médias, les écoles, et obs de la société civile.
Les « barbechas » — collectrices de déchets recyclables, majoritairement des femmes — contribuent jusqu’à 2/3 du recyclage national, mais touchent 2 à 12 dollars par jour, sans protection sociale. Ce modèle invisible montre la nécessité d’une structuration urgente et respectueuse.
Réintégrer ces travailleuses dans une économie juste, c’est :
Reconnaître leur contribution,
Briser les cercles de précarité,
Construire une société plus équitable.
Femmes Maghrébines appelle les décideurs, syndicats, ONG et institutions à agir ensemble — pour que le travail de ces femmes ne soit plus invisible, mais valorisé et protégé.
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