C’est ainsi que Asad Zaman, un imam de la ville de Manchester (UK), décrit Khadija, une femme née au 6ème siècle dans ce qui est aujourd’hui l’Arabie Saoudite.
La naissance de l’islam, c’est d’abord l’histoire d’une femme, Khadija. La première épouse du prophète, celle qui l’aimait quand il n’était qu’un jeune caravanier, celle qui avant tous lui a dit : » Moi, je crois. «
Veuve, belle et riche, Khadija doit se remarier pour maintenir sa place dans la société très masculine de La Mecque. Contre toute attente, elle choisit un homme pauvre et illettré, Mohammed ibn ‘Abdallâh.
Fait inhabituel pour l’époque, c’est Khadija qui l’a choisi et lui a fait sa demande.
Elle avait alors 40 ans, tandis que son futur mari était un homme de 25 ans aux origines modestes. Mais c’est plus qu’une histoire d’amour, ce sont les origines de la deuxième plus grande religion du monde.
Le nouveau mari de Khadija était Muhammad, qui allait bientôt devenir le prophète de l’Islam.
En dix ans de bonheur, elle impose Mohammed auprès des puissants clans de La Mecque et forme avec lui un couple exceptionnel, modèle de sagesse et de modération.
Mais une série de tragédies s’abat sur le pays. La peste, les inondations et la mort endeuillent la famille.
Face à ces coups du destin, Khadija fait preuve d’un courage et d’une force inouïs.
La paix revenue, Mohammed s’isole dans le désert où, un jour, l’ange Gabriel lui transmet les paroles du Dieu Unique. Mohammed croit devenir fou, il a peur.
Khadija, elle, pressent qu’il s’agit là d’un grand événement. Se dressant contre tous pour défendre la parole nouvelle de son bien-aimé, elle pose les fondements sur lesquels Mohammed ibn ‘Abdallâh bâtira l’une des plus remarquables aventures religieuses du monde.
Lorsque Mohammed a commencé à enseigner l’islam, il a été marginalisé par de nombreux membres de la société Mecquoise qui s’opposaient au monothéisme [la croyance en un seul dieu], mais Khadija, lui a apporté le soutien et la protection dont il avait tant besoin à l’époque.
Les sources les plus fiables parlent de Khadija comme étant la meilleure amie de Mohammed, encore plus que ses plus proches compagnons, comme Abu Bakar ou Omar.
« Au cours des dix années suivantes, Khadija a utilisé ses relations familiales et toute sa fortune pour soutenir son mari et financer la foi naissante »
Khadija a fait tout ce qui était en son pouvoir pour soutenir son mari et l’Islam – mais en 619, elle est tombée malade et est morte.
Après 25 ans de vie commune, Mohammed a été dévasté.
L’historienne Bettany Hughes souligne que les musulmans se souviennent encore de l’année de sa mort comme « l’année de la tristesse ».
Dans une émission de la BBC, Fatima Barkatulla, spécialiste musulmane et auteure d’un livre pour enfants sur Khadija, déclare que la plupart de ce que nous savons sur Khadija provient des hadiths – des histoires, des traditions et des dictons sur la vie de Mohammed.
Les plus proches disciples de Mohammed ont été les premiers à les raconter et à s’en souvenir, et ils ne les ont écrits que plus tard.
L’une des narratrices des hadiths était Aisha, l’une des dernières épouses de Mohammed, et une autre femme qui est devenue une figure importante de l’Islam.
« Il est évident que le prophète lui a raconté l’histoire de Khadidja, et elle raconte ce qui s’est passé au début des révélations, quand il est devenu prophète », dit Fatima Barkatulla.
Bien qu’Aïcha n’ait pas été témoin de cette période antérieure de la vie de Mohammed, elle a « assumé fidèlement son devoir de transmettre aux autres musulmans » ce qui lui avait été dit, indique l’auteure.
Il est essentiel de connaître l’histoire de Khadija pour briser le mythe selon lequel, dans les premières communautés musulmanes, les femmes étaient confinées à la maison.
Mohammed n’a pas demandé à Khadija d’arrêter de faire ce qu’elle voulait. D’ailleurs , l’islam a donné plus de droits et d’importance aux femmes de l’époque.