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Egalité hommes-femmes: l’appel du Women’s Forum pour des politiques publiques plus inclusives

  • Egalité hommes-femmes: l’appel du Women’s Forum pour des politiques publiques plus inclusives

En amont du Sommet du G7 des 11 au 13 juin, le Women’s Forum publie un baromètre alarmant réalisé avec Ipsos sur l’impact de la pandémie du coronavirus sur les femmes. Il appelle les chefs d’Etat et de gouvernement à enclencher une croissance plus inclusive.

En amont du prochain Sommet du G7, qui se tient du 11 au 13 juin au Royaume-Uni, le Women’s Forum publie un baromètre réalisé avec Ipsos pour mesurer l’impact de la crise du Covid-19 sur les hommes et les femmes dans les sept pays membres. Un coup de projecteur qui met en lumière les effets dévastateurs de la pandémie pour de nombreux hommes, et encore plus pour les femmes. Ce rapport, réalisé sous l’autorité de Chiara Corazza, déléguée spéciale du « Davos des Femmes » pour le G7 et le G20, pointe le risque de creuser encore plus les inégalités de genre à la sortie de la crise. D’où l’appel du Women’s Forum aux chefs d’Etat et de gouvernement à passer à l’action pour faire naître une économie plus inclusive.

Peur de l’avenir, peur d’aller dans les hôpitaux, mais aussi obligation de faire plus de choses à la maison et manque de temps pour s’occuper de sa propre santé: plus de la moitié de la population est concernée, révèle le baromètre Women’s Forum-Ipsos. « Nous n’imaginions pas un tel niveau de sévérité, souligne Etienne Mercier, directeur du pôle Opinion et Santé chez Ipsos. Tous les domaines de la vie sont impactés. » Près d’un tiers des personnes interrogées disent aussi avoir subi une perte de pouvoir d’achat et même coupé dans leurs dépenses de santé. Elles ont le sentiment que personne ne les aide et souffrent d’une perte de confiance en elles.

« Nous avions effectué une première mesure fin août/début septembre 2020, indique Etienne Mercier. C’est sur les inégalités entre les hommes et les femmes que la situation s’est le plus aggravée. » Si, en moyenne, 55% des personnes interrogées disent avoir été victimes de burn-out, d’anxiété et/ou de dépression depuis le début de la pandémie (chiffre en hausse de 2% par rapport au baromètre de 2020), l’écart entre les femmes et les hommes est de 9 points, avec 59% des femmes et 50% des hommes, les écarts les plus importants se situant au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et au Canada

Santé, situation psychologique, ambition professionnelle…Pour chacune des questions posées, un décalage important entre les hommes et les femmes apparaît, et cela dans l’ensemble des pays du G7. Les femmes sont ainsi bien plus nombreuses que les hommes à avoir peur de l’avenir (75% contre 65%) et 70% d’entre elles estiment qu’il reste plus difficile pour une femme que pour un homme d’avoir une belle carrière parce qu’elle doit accepter de sacrifier en partie sa vie de famille (contre 58% des hommes). « Dans ce contexte, on peut craindre un vrai recul du combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes, décrypte le sondeur, et des femmes qui se mettraient en retrait de la scène économique. » Avec à la clé, le risque de perdre des points de croissance.

Mettre les femmes au cœur de la relance

Cependant, cette situation est de moins en moins bien acceptée par l’opinion, indique le baromètre Women’s Forum-Ipsos, qui ouvre là une fenêtre pour une évolution possible des politiques publiques. Pour la grande majorité des populations du G7 (90%), il est important de combler l’écart entre les hommes et les femmes car cela aurait des effets positifs sur la croissance. Pour 27% des hommes et 32% des femmes, il s’agit même d’une priorité absolue –et jusqu’à 50% pour les Italiennes. Offrir les mêmes chances aux femmes qu’aux hommes, leur donner un meilleur accès aux filières scientifiques et aux postes de direction des entreprises seraient autant de mesures bénéfiques sur le plan économique, estime aussi la majorité des personnes sondées. « Il existe aujourd’hui une volonté partagée de voir des mesures mises en place sans attendre que les stéréotypes disparaissent », résume Etienne Mercier.

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