×
  • Bruncher en famille

– Coronavirus : Comprendre la dimension économique de la crise

  • –	Coronavirus : Comprendre la dimension économique de la crise

Après la crise sanitaire, la crise économique qui s’annonce serait-elle la plus grave de ces dernières décennies ? Tourisme, transport, événementiel… Plusieurs secteurs de l’économie sont très fortement impactés par l’épidémie de Covid-19.
Selon les spéciaistes, la crise provoquée par le coronavirus « est la plus importante de ces 20 dernières années, sans revenir longuement sur ses causes, il faut néanmoins les rappeler. Le retour des grandes épidémie (SIDA, H1N1, SRAS, Zika, Ebola…) est un effet du capitalisme mondialisé et de sa quête de profit, à l’origine de la circulation irrationnelle et inutile des marchandises et des hommes, du réchauffement climatique, de l’agro-business, de l’entassement de populations dans des mégapoles, de l’absence de services de santé fiables accessibles à tous.
Dans environ 80% des cas, il n’y a pas de dangerosité particulière. Cependant, plusieurs éléments sont à prendre au sérieux pour mesurer la potentialité dramatique du virus : sa nouveauté, sa puissance, sa rapidité de contamination et son taux de mortalité élevé pour certains secteurs de la population d’un côté ; l’absence de traitements ciblés et de vaccins, l’incapacité du système de soins à assurer les traitements nécessaires face à un afflux de patients de l’autre.
Dès aujourd’hui, en Italie, les soignants sont confrontés, faute de matériel et de personnel suffisant, aux choix déchirants de la sélection des patients. Là comme ailleurs, ce sont les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables qui paieront le plus lourd tribut à la maladie.
La production et le commerce mondial reculent, les marchés financiers se sont écroulés. La crise sanitaire semble le prélude d’une crise économique : La crise sanitaire en Chine, la 2e économie mondiale, a provoqué un double choc économique sur la production (avec l’arrêt et le ralentissement des usines chinoises qui fournissent produits intermédiaires ou finaux) et la demande (baisse des importations chinoises, arrêt du tourisme international…).
Le prix du pétrole s’effondre à la fois du fait de la baisse de la demande chinoise et des désaccords entre les grands producteurs. Si la situation italienne devait se généraliser, une récession profonde mondiale serait à l’ordre du jour.
Au total, en une semaine, près de 6.000 milliards de dollars de capitalisation boursière ont été brûlés par les traders pris de panique : la croissance mondiale pourrait chuter à cause du coronavirus et déjà les grandes entreprises annoncent des résultats pour 2020 bien inférieurs à ceux anticipés fin 2019.
En quinze jours, les grandes entreprises européennes cotées ont perdu le cinquième de leur valeur, soit des milliers de milliards d’euros partis en fumée. À qui la faute? À l’épidémie de coronavirus, bien entendu, mais pas seulement.
La chute est largement imputable à l’Arabie saoudite. En décidant d’augmenter sa production de pétrole faute d’avoir trouver un accord avec l’inflexible Russie, la monarchie pétrolière a semé la panique : le prix du baril a chuté de plus de 30% et plongé les Bourses dans la tempête. Deux pays sont en outre asphyxiés : l’Iran et l’Algérie. Les Etats Unis se trouvent en difficulté avec leur gaz de schiste.
Le coronavirus agit comme révélateur des fragilités existantes et peut donc être le facteur déclencheur immédiat d’une récession depuis longtemps prévisible.
Femmes Maghrébines

DOSSIERS SPÉCIAUX