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Violence (s) de Jallila Baccar et Fadhel Jaïbi ; ‘Oh my God !’

  • Violence (s) de Jallila Baccar et Fadhel Jaïbi ;  ‘Oh my God !’

 
Femmes Maghrébines
Le théâtre de Jallila Baccar et Fadhel Jaïbi est connu pour être poignant. La dernière pièce des deux artistes est intitulée ‘Violence(s)’ et, la première chose que vous direz en finissant de la regarder, est ‘oh my god’ !
Rien que par son casting – composé, entre autres, de Jallila Baccar, Fatma Ben Saïdane, Noomen Hamda et Lobna M’ lika – la pièce pourrait s’imposer en tant que travail artistique de l’année.
Comme son nom l’indique, cette pièce traite des différentes formes de violence de notre société. Mais, et parce que Jallila Baccar et Fadhel Jaïbi trouvent toujours le moyen de sortir du lot, Violence (s) se distingue surtout par les sujets tabous : les deux auteurs dramatiques ont choisi de traiter le sujet de l’homosexualité.
C’est l’histoire de deux hommes qui tombent profondément amoureux. Kaïs, l’un de ces deux hommes, choisit de se soumettre à la volonté de ses parents en se mariant mais il réconforte son amoureux en lui assurant que sa femme n’est qu’une couverture sociale. Tout en continuant sa double vie, Kaïs choisit de se lancer dans la politique. Et là commence la descente aux enfers pour le couple.
Omi Zohra est une femme modeste, sans histoire. Mais Omi Zohra, interprétée par Fatma Ben Saïdane, en arrive à tuer son propre fils, de sang froid, après que ce dernier l’ait ‘vendue’ à l’un de ses amis à qui il devait de l’argent.
Violence (s) nous offre aussi la chance de revoir Jallila Baccar sur scène : plus majestueuse, divine et talentueuse que l’on ne l’a jamais vue.
Les jeunes acteurs issus de la première promotion de l’Ecole de Théâtre, à savoir Aymen Mejri, Nesrine Mouelhi, Ahmed Taha Hamrouni et Mouin Moumni, ont, à leur tour, assuré une performance hors-paire : interprétant plusieurs rôles à la fois, ces jeunes acteurs ont su varier leur jeu tout en y rajoutant une touche de finesse et de sincérité rendant la pièce encore plus poignante.
Niveau mise en scène, et comme nous a habitué Fadhel Jaïbi, le résultat est fabuleux : sobre avec juste ce qu’il faut comme effets spéciaux, sonores et lumineux.
Un fond sombre avec quelques banquettes, et la table centrale autour de laquelle tournent les événements majeurs de la pièce.
Violence (s) traite des sujets tabous et délicats, mais elle n’est nullement dépourvue d’une touche d’humour.
Le public, a ainsi retrouvé son sourire lors de quelques passages qui ont contenu des passages d’humour léger et digne.
Si la Tunisie vit, depuis presque cinq ans, sous le poids de la menace terroriste et de ses retombées sur l’économie nationale, elle a connu une importante révolution au niveau de la culture. Fadhel Jaïbi, Taoufik Jebali ou encore feu Ezzidine Gannoun, figures cultes du théâtre tunisien, nous mettent, à chaque nouvelle création, devant des chefs-d’œuvre extraordinaires…
Ghalia Ben Brahim

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