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Tunisie-politique: Kamel Morjane perd en moustache et gagne en politique

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Femmes Maghrébines
Il a été le dernier ministre des Affaires étrangères de Ben Ali et le premier ministre des Affaires étrangères au lendemain de la Révolution. Mais ses compétences dépassent la diplomatie puisque Kamel Morjane est un homme ayant intégré le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour y occuper plusieurs postes sans parler du fait qu’il ait été, aussi, ministre de la Défense nationale.
Au lendemain de la Révolution, Kamel Morjane, et en dépit de toutes les campagnes diffamatoires l’ayant visé, est revenu sur la scène politique avec son parti l’Initiative nationale. Lors des élections législatives de 2011, l’Initiative nationale remporte cinq sièges à l’Assemblée nationale constituante grâce aux votes récoltés dans la région du Sahel.
En 2013, l’Initiative fusionne avec Al Watan El Horr de Mohamed Jegham et devient l’Initiative nationale destourienne. Aux élections de 2014, Al Moubedra a été l’une des plusieurs victimes du vote utile et n’a récolté que trois sièges à l’Assemblée des représentants du peuple. En ce qui concerne l’élection présidentielle, Kamel Morjane, président d’Al Moubedra, n’a remporté que 1,27% des voix.
Réservé, peu bavard, Kamel Morjane avait une stratégie de communication assez ordinaire jusqu’à ce qu’il réapparait hier, à l’émission Tunisie 7/24. Invité au plateau de Meriem Belkhadi, Morjane a surpris les Tunisiens par une nouvelle apparence : le diplomate a laissé tomber sa moustache et a gagné en confiance. Rajeuni, souriant et confiant, l’homme de politique a mené un débat sans faute.
Admettant toutes les erreurs de parcours commis après la Révolution, Kamel Morjane a profité de son passage télévisé pour lancer un appel à tous les destouriens pour se réunir autour de l’Initiative – sachant que le parti a dernièrement recueilli une trentaine d’anciens ministres et hauts cadres ayant travaillé sous le régime de Ben Ali. Commentant la situation du pays, Morjane s’est refusé d’insulter l’avenir : du système des ‘sukuks’ islamistes aux nombreux plans économiques, il n’a fait qu’analyser sans émettre d’avis subjectif.
En ce qui concerne la crise qui ravage le mouvement de Nidaa Tounes, le président d’Al Moubadra a indiqué qu’il s’agit d’une affaire interne dont seuls les dirigeants Nidaeïns peuvent discuter et commenter.
Tous les partis politiques retiennent sur le souffle quant à ce qui se passe au sein de Nidaa Tounes. Tandis que certains craignent de se voir ‘obligés’ de reprendre les rênes du pays alors que ce dernier vit dans des conditions économiques, sociales et sécuritaires infernales, d’autres attendent que le mouvement implose afin de s’imposer en tant qu’alternative. De son côté, l’ancien chef du gouvernement, Mehdi Jomaâ, continue à travailler son image au niveau du national ou de l’international. En dépit de son expérience et de son charisme, Jomaâ ne possède pas de ‘machine’ qui soit derrière lui. De son côté, et questionné sur son avis quant à Mehdi Jomaâ, le secrétaire-général d’Al Moubadra, Mohamed Jegham, a indiqué, dans une déclaration accordée au journal Le Temps, que Jomaâ représente une belle opportunité pour la Tunisie. Verrait-on Mehdi Jomaâ travailler, côte à côte, avec l’Initiative ? Affaire à suivre !
Ghalia Ben Brahim

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