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Nidaa Tounes crée, de nouveau, la surprise : La démocratie à mains nues

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Femmes Maghrébines
Bien que le déséquilibre au sein de Nidaa Tounes ait atteint des niveaux impressionnants – des débats musclés livrés publiquement entre les différents dirigeants du mouvement depuis plus de quatre mois – ce qui s’est passé durant la journée du premier novembre a dépassé, de loin, toutes nos ‘espérances’.
La division en deux du mouvement majoritaire du pays a commencé à se dresser depuis le mois de mars 2015. Pour résoudre leurs problèmes, les Nidaïstes ont fini par élire un bureau politique : ce vote a donné largement raison au camp de Mohsen Marzouk. Après un calme de quelques semaines, le camp de Caïd Essesbi fils a réagi en annonçant, fermement, que le même bureau politique ne représente plus le mouvement et qu’il a été dissous depuis la date du 15 juin 2015.
Durant l’été, les clashs entre les dirigeants des deux clans ont commencé à s’intensifier. La rentrée n’a fait qu’empirer la situation : on commençait à parler de mafia, d’argent sale et de milices. Rien de tout cela n’a été pris au sérieux jusqu’à ce qu’on assiste au spectacle qui nous a été offert dimanche dernier.
Pendant qu’Abdelfattah Sissi, président de la République égyptienne, tenait un discours historique – où il a tenu un franc-parler impressionnant pour expliquer, à tout le monde, les enjeux politiques, économiques, diplomatiques, et sociaux – les dirigeants du parti majoritaire en Tunisie se battaient à mains nues. La cause la plus apparente est celle de la guerre de positionnement que mènent Hafedh Caïd Essebsi d’un côté et Mohsen Marzouk de l’autre.
Face à cette situation, les députés et les membres du bureau exécutif pro-Hafedh ont appelé le chef  de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, à intervenir en tant que garant de la bonne application de la Constitution qui comprend, entre autres, la liberté des idées et de l’exercice politique. A cet appel, le responsable de la communication au sein de la présidence de la République, Moez Sinaoui, a invité tous les membres de Nidaa Tounes à éviter d’impliquer le président de la République dans les affaires internes. Cependant, ce même président a lancé un appel aux députés en question pour une réunion au palais de Carthage, une réunion qui a été refusée par les concernées.
Dans une déclaration accordée à la radio Express FM, la député Bochra Bel Hadj Hmida a parlé d’une rupture. Et là, tout prend un autre sens. Si l’on commence à parler de rupture au sein du bloc parlementaire du Nidaa – qui commence d’ores et déjà à subir les conséquences de la scission – cela nous amène à poser plusieurs hypothèses très délicates. Si le bloc majoritaire venait à se diviser, tout l’échiquier politique serait transformé. Dans cette hypothèse, des analystes politiques vont plus loin en assurant qu’une éventuelle division de ce genre pourrait nous amener à tenir des élections législatives prématurées.
Quelques membres de Nidaa Tounes assurent aujourd’hui qu’ils ne sont plus capables de s’assoir à la même table avec ceux qui ont déclenché les incidents de Hammamet tandis que, de l’autre côté, on lance des accusations très graves contre le secrétaire-général du Nidaa : Mohsen Marzouk est en effet accusé de planifier un renversement de pouvoir suite à sa visite aux Etats-Unis d’Amérique.
Quelque soit l’issue que trouvera Nidaa Tounes suite à tous ces graves dépassements, il y a un fait que personne ne peut plus effacer : la régression impressionnante de l’image du mouvement auprès de l’opinion publique.
Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si Nidaa Tounes arrivera sain et sauf à la date de son premier congrès national mais on se demande déjà quel parti pourrait en bénéficier et s’imposer en tant qu’alternative face au banditisme politique que vit la Tunisie depuis sa Révolution du ‘jasmin’.
Ghalia Ben Brahim

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