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Femme et médias : Quand la Femme est bannie de nos plateaux médiatiques

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Par Ghalia Ben Brahim
Les journalistes Saïma Mzoughi et Salma Bouraoui, et en collaboration avec le Forum arabe pour la citoyenneté en période transitoire, ont organisé dans la soirée du mercredi 15 juillet 2015, une table ronde ayant pour thème principal la citoyenneté égale et la parité médiatique.
Présents à cette séance, le doyen et président de la Ligue Tunisienne pour la citoyenneté, Chawki Tabib, la présidente de la commission femme au sein de l’Ugtt et membre du bureau politique du mouvement de Nidaa Tounes, Najoua Makhlouf, Sana Fathallah Ghenima, chef d’entreprise et présidente de l’association Femmes&Leadership, Mekki Hellal, présentateur-télé à la chaîne internationale BBC, et la présidente de la coalition pour les Femmes de Tunisie, Ayda Ben Chaâbane. La sociologue Meriem Azouz a été la médiatrice de la séance.
Inaugurant les discussions, Sana Ghenima a assuré, lors de son intervention, que la Femme est très peu représentée dans les milieux professionnels. En effet, selon madame Ghenima, 27% des femmes se trouvent actuellement au chômage. La chef d’entreprise a expliqué que quand une femme se présente à un entretien d’embauche, elle subit des questions que la gente masculine ne connaît point. « On leur demande si sont fiancées, si elles comptent se marier et si elle espèrent un jour avoir des enfants, je défie n’importe quel recruteur de poser ce genre de questions à un homme. »
Pour la présidente de Femmes&Leadership, la question de la qualification de la femme, à ceux qui prétendent que les plateaux médiatiques se passent des femmes parce que ces dernières ne possèdent pas les compétences nécessaires, n’est pas un argument tenable. « Femmes&Leadership a mis en place un listing des femmes selon leurs compétences et les a envoyé à tous les médias concernés pour qu’ils ne disent plus qu’ils ne trouvent pas les profils adéquats à leur requête, cela n’a servi absolument à rien. On n’invente les femmes que lorsque la circonstance l’oblige. »
De son côté, Ayda Ben Chaâbane, président de la coalition pour les Femmes de Tunisie, a expliqué que l’image de la femme dans les médias ne reflète pas la réalité de cette dernière : les efforts et le militantisme de la Femme Tunisienne sont clairement négligés par les médias. Et d’ajouter que la Révolution a permis à la Femme d’être plus consciente de son statut, de ce dont elle dispose et de ce qui lui manque. Pour madame Ben Chaâbane tout se joue actuellement dans la lutte contre l’ignorance et la lutte contre le modèle sociétal que veulent imposer les mouvances islamistes extrémistes.
Pour sa part, le doyen Chawki Tabib a expliqué que, pour le domaine de la société civile, la Femme a réussi à décrocher une place respectable ‘ce qui me rend d’ailleurs très fier’. Pour le président de la Ligue Tunisienne pour la Citoyenneté, la Femme Tunisienne est l’actrice principale de l’ambiance démocratique dont bénéficie actuellement la Tunisie.
Najoua Makhlouf, présidente de la commission femme au sein de l’Ugtt et membre du bureau politique du mouvement de Nidaa Tounes, s’est concentrée dans son allocation sur la position de la femme dans les syndicats. En effet, pour le membre de la centrale syndicale, la femme est quasi-absente des postes de décisions des les syndicats. Docteur Makhlouf a expliqué que pour treize membres, aucune femme n’était représentée. Cela a amené les femmes à diriger des batailles pour instaurer un quota ce qui n’a pas été facile. Une fois le quota instauré, nous bénéficions d’une discrimination positive qui est largement employée dans le monde entier. Avant de finir, Najoua Makhlouf a insisté sur le fait que tous les syndicats du monde fonctionnent avec un mode masculin et que les batailles continuent afin d’éliminer cette mentalité.
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Le journaliste Mekki Hellal, a insisté sur l’importance de la découverte des nouvelles figures féminines qui excellent dans tous les domaines. Pour lui, le traitement des médias avec les femmes est une représentation de la mentalité masculine qui domine les sociétés. « Quand une femme est puissante, qualifiée et imposante, elle est très souvent exposée aux menaces et aux insultes. Une partie de notre société rejette cette image de la femme et la craint. Ce que la société civile a construit pendant des années au profit de la Femme Tunisienne a été détruit en quelques jours par quelques feuilletons ramadanesques… Tous les feuilletons, ou presque, ont démontré une image très négative de la femme. »
De son côté, le journaliste Sofiene Ben Hamida, a estimé que les médias ne sont que le miroir de la société Tunisienne de ce fait, ils ne peuvent fonctionner qu’avec une mentalité masculine. Pour lui, on ne peut pas trop demander au secteur médiatique puisque ce dernier ne fait que suivre les autres secteurs.

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