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Police religieuse ou complot à l’encontre du ministre ?

  • Police religieuse ou complot à l’encontre du ministre ?

Par Ghalia Ben Brahim
« L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane. L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer. »
 
Cela est donc écrit noir sur blanc sur la Constitution de la deuxième République Tunisienne. Une Constitution qui nous a coûté trois ans de tensions, de violences et de sang, sans compter tout l’argent qu’on y a mis. Et pourquoi tout cela ? Pour que l’on soit un peuple digne, libre et conscient. Nous avons donc mis en place notre nouvelle Constitution et assurer, tant bien que mal, l’instauration de notre deuxième République. Un parlement, un gouvernement et une présidence de la République garantissant nos droits et encadrant nos devoirs.
La police, celle qui est supposée protéger les citoyens et mettre la main sur tous ceux qui osent dépasser et enfreindre les lois, vient de nous offrir un spectacle des plus abominant. En effet, avec le début du mois de Ramadan, une équipe de police a effectué une descente forcée dans un café situé dans la zone de Gammarth, banlieue nord de Tunis. Après avoir violemment parlé au propriétaire des lieux, la police s’est attaquée aux consommateurs en leur demandant de montrer leur carte d’identité nationale et les raisons qui les amènent à ne pas observer le jeûne. Une scène qui a, heureusement, été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. La séquence a été visualisée par des milliers d’internautes qui n’ont pas hésité à exprimer leur mécontentement. A peine cet incident parti, un autre, survenu le matin de ce jeudi 25 juin 2015, a ravagé les réseaux sociaux : le chef du district de Monastir, accompagné par quelques agents, font une descente sur un café de la ville et le chef poursuit une jeune fille dans la rue et la tabasse devant tout le monde. La raison ? Elle n’observait pas le jeûne. Heureusement pour nous, et encore une fois, la scène a été filmée grâce aux caméras de surveillance du café.
En à peine une heure, la vidéo a fait le tour de tous les journaux électroniques et de toutes les radios pour tomber enfin, entre les mains des autorités. En collaboration avec le ministère de l’Intérieur, la présidence de la République – puisque selon la Constitution, le chef de l’Etat est le garant des libertés et du respect de la même Constitution – a mené l’enquête nécessaire et les deux institutions ont fini par décider de limoger tous les coupables dans cette affaire.
Mais pourquoi on en est arrivé là ? Il existe ici deux réponses possibles qui ont d’ailleurs beaucoup circulé sur Facebook : il s’agit soit d’une nouvelle police religieuse en Tunisie, soit d’un complot qui viserait le ministre de l’Intérieur, Najem Gharssali. La première hypothèse est peu probable parce qu’une police religieuse aurait commencé à travailler quand le terrain le lui permettait, c’est-à-dire qu’elle aurait, si elle était bel et bien réelle, commencer à exercer à l’époque où le pays était tenu par la Troïka. La deuxième hypothèse peut être plus logique puisque l’on sait que les différents changements et travaux qu’est en train d’effectuer le ministre commencent à déranger plus d’un. Cependant, cette explication ne peut nullement être un prétexte à ce qui se passe actuellement et le limogeage des responsables n’est pas du tout suffisant.

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