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Alcool et Islam : L’ivresse de la bassesse ou le manuel du schizophrène

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Par Ghalia Ben Brahim
Mohamed Talbi est l’une des figures phares de l’élite Tunisienne. Âgé de plus de 90 ans, professeur Talbi a à son compte une série de livres, en arabe et en français. L’un des principaux fondateurs de l’Université, Mohamed Talbi s’est spécialisé en histoire médiévale et en islamologie.
Après la Révolution de janvier 2011, Mohamed Talbi a fondé sa propre association ayant pour appellation ‘Association Internationale des Musulmans Coraniques’. Une fondation ayant pour but de dénuder l’Islam des clichés violents en le faisant revenir à son essence naturelle qui est la spiritualité. Une tentative du professeur de sauver ce qui rester à sauver de l’Islam dont le monde vit une montée violente de barbarie et de sang.
Ce monsieur, qui a voué sa vie aux livres et aux sciences, s’est vu jeté, lors de la dernière semaine, dans un buzz médiatique très bas. En effet, quelques jours avant ledit buzz, Mohamed Talbi avait émis un écrit où il a démontré, avec tous les arguments nécessaires – vu qu’il est islamologue et qu’il s’y connait très bien – comment l’Islam n’a jamais interdit la consommation de l’alcool. Bien évidemment, cette ‘nouvelle’ a, de suite, créé la polémique. Les consommateurs numéro 1 d’alcool au Grand Maghreb n’ont pas accepté cette mise au point en considérant que cela touche à leur religion. Face à la polémique, et comme ils le font à leur habitude, les animateurs de la chaîne Al Hiwar Ettounssi se sont précipités pour recevoir Professeur Talbi sur leurs plateaux.
Invité dans trois émissions, nous n’allons traiter que de la dernière, ‘A celui qui ose seulement’. Le niveau de l’animateur de ladite émission n’est un secret pour aucune personne disposant d’un niveau convenable. Samir Ouafi a choisi d’inviter deux extrémistes religieux au côté de Mohamed Talbi qui sont Farid Béji, un cheikh qui se fait passer pour moderniste alors qu’il est pro-polygamie, et Ridha Belhadj, chef du parti salafiste Ettahrir, un parti qui prône le retour du Khalifa.
Face à un homme élitiste disposant de preuves historiques, les deux extrémistes n’ont trouvé de solution que les cris et les coupures de parole. A rappeler qu’avant ladite émission, et au lendemain de la publication du texte de Dr Talbi concernant les boissons alcoolisées, Farid Béji avait traité ce dernier de ‘fou qu’il faut faire interner en urgence’. Nous allons vous épargner les détails de l’ivresse de bassesse qui a régné sur le contenu de l’émission et arriver à l’essentiel : après des années de durs travaux, Mohamed Talbi est devenu un simple outil de création du buzz.
Nous pouvons très bien dire qu’il n’était pas obligé d’accepter d’assister, mais cet homme ne pensait certainement pas que la bassesse était devenue la devise de certains et que la schizophrénie était notre sport national. Au cours de l’émission, les statuts Facebook étaient de plus en plus inacceptables ; certains mêmes écrivaient ‘Farid Béji ne peut rien faire face à ce fou, il faut qu’on lui ramène Daech pour qu’il comprenne’… La même personne ayant posté ce statut avait, en couverture, une photo avec une bière.
Le peuple Tunisien est classé quinzième en consommation d’alcool. Un chiffre qui a connu une large hausse tout juste après la Révolution. Dans notre pays, alcool, islamisme, basses et schizophrénie riment ensemble !

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