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La condition féminine en Tunisie entre avancée et marginalisation !

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L’Hôtel de Paris aux Berges du Lac à Tunis a abrité, le jeudi 27 mars, une rencontre organisée à l’initiative conjointe du réseau Afrobarometer et de Sigma Conseil, sur le thème : « Rôle et progrès des femmes en Tunisie, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne ».

Animée par Mr Hassen Zargouni, Directeur général de Sigma, la rencontre à laquelle ont pris part une pléiade de militantes actives de la Société civile, toutes tendances confondues, de femmes politiques et de figures de proue de la société tunisienne, a été consacrée à la présentation des résultats d’une enquête exclusive, menée sur le rôle de la femme dans le Continent.

Les données chiffrées dévoilées, ou du moins, l’appréciation faite par les citoyens sont satisfaisantes concernant, notamment, la liberté accordée à la femme tunisienne qui jouit de ses droits, et l’égalité avec l’homme. En effet, environ 80% des sondés en Tunisie affirment que la femme doit bénéficier de droits similaires à ceux des hommes.

De plus, la majorité des Tunisiens sont favorables à un accès égal des deux sexes à l’éducation et au travail. Un chiffre des plus révélateurs est celui de l’appréciation faite par les Tunisiennes sur leur liberté de s’exprimer. Trois quarts environ des tunisiennes (72%) estiment jouir d’une liberté totale dans ce domaine, ce qui est de bon augure. Evoquant des questions d’ordre religieux, deux tendances qui paraissent à première vue paradoxales se juxtaposent.

En effet, si la majorité des Tunisiens soutient que la femme peut décider au même titre que l’homme de divorcer, il n’en demeure pas moins que 71% d’entre eux sont défavorables à une égalité parfaite en matière d’héritage. Il ressort par ailleurs du sondage un désenchantement, ou du moins un engagement moindre de la femme tunisienne par rapport à la gante masculine concernant l’intérêt porté à la politique, ce qui expliquerait le taux moyen de 6 Tunisiens sur 10 qui sont pour l’accès de la femme à la vie politique, et la même proportion pour ceux qui estiment que l’Etat n’œuvre pas suffisamment pour soutenir et promouvoir la condition féminine.

Quelques tendances négatives se dégagent de cette enquête, s’agissant notamment, de la discrimination subie par la femme dans les tribunaux et par la police (50% des sondés constatent cela), et près de 40% des Tunisiens refusent l’accès de la femme aux postes de leadership, une tendance à surveiller.

Pour ce qui est du classement de la Tunisie à l’échelle africaine, il y a lieu de constater que la réalité s’oppose à certaines idées et à une propagande longtemps véhiculée par le Régime d’avant le 14 janvier. Sur 34 pays, notre pays arrive 4ème pour ce qui est de l’iniquité́ de traitement par l’employeur et 6ème pour les taux d’intimidation les plus élevés. Force est de constater que le Tunisie est à la traîne des ces domaines et qu’il faudrait beaucoup de culture pour pouvoir défendre le droit de la femme à l’égalité et mettre fin, sinon réduire la marginalisation de la femme par rapport à l’homme.

Par ailleurs, il y a lieu de relever une rare présence masculine dans la salle. Néanmoins, MM. Said Khezami, journaliste et Mohsen Marzouk, homme politique ont exprimé leurs points de vue respectifs et commenté les chiffres objet de la discussion. Il convient de noter que l’Afrobaromètre est un projet de recherche indépendant et non-partisan qui évalue l’environnement social, politique et économique en Afrique.

Les enquêtes d’Afrobaromètre sont menées régulièrement dans 35 pays africains et la standardisation des questions permet de comparer les pays entre eux. Les tendances dans les attitudes des populations sont ensuite suivies dans le temps et les résultats sont partagés avec les décideurs politiques, les législateurs, les éducateurs civiques, les journalistes, les chercheurs, les donateurs et les investisseurs ainsi qu’avec les Africains moyens qui souhaitent devenir des citoyens plus informés et engagés.

A noter que cette enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1200 citoyens, avec un taux d’erreur maximale qui avoisine les 2.8% et un intervalle de confiance de l’ordre de 95%.

BI

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