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A Habib Bourguiba, on répond au terrorisme par la violence

  • A Habib Bourguiba, on répond au terrorisme par la violence

Par Ghalia Ben Brahim
La Tunisie vient de vivre son deuxième mercredi noir après celui du 6 février 2013, date du première assassinat politique en Tunisie dont a été victime le martyr Chokri Belaïd. Ce mercredi nous a amenés à vivre une nouvelle opération terroriste: la prise d’otage. Un nombre considérable de touriste a été pris en otage par un groupe de terroristes armés. Même l’opération s’est déroulée avec réussite, puisque nos unités de sûreté nationale ont réussi à en finir au bout d’à peine trois heures. Un bilan très lourd a été causé par cette attaque puisqu’il y a eu vingt-deux morts et plus d’une cinquantaine de blessés.
Voulant réagir à cette frappe, quelques activistes ont lancé un appel via les réseaux sociaux pour un rassemblement à l’avenue Habib Bourguiba. Un rassemblement placé sous le titre ‘la Tunisie défie le terrorisme’. Quelques heures après cet appel, le mouvement islamiste d’Ennahdha a appelé, à son tour, ses militants et sympathisants à être présents, à la même et au même endroit, au cœur de Tunis pour ‘dire non au terrorisme’.
A notre arrivée, les slogans envahissaient déjà les lieux. ‘Tunisien relève la tête ton sang nous est si cher’, ‘La Tunisie est libre et le terrorisme en sera éradiqué’, ‘Unité nationale sans intégration des Frères musulmans’, ‘Nous voulons que Laârayedh soit interrogé par la justice’. Différentes figures politiques, de différents courants politiques, étaient présents sur les lieux. Basma Khalfaoui, veuve du martyr Chokri Belaïd et présidente de la Fondation Chokri Belaïd contre la Violence, était sur les lieux et nous a déclaré ce qui suit: ‘Le peuple Tunisien a besoin de ce rassemblement, on en a tous besoin après ce que nous venons de vivre. Nous nous sommes toujours opposés au terrorisme et ce n’est pas aujourd’hui que l’on compte baisser les bras. Nous avons besoin d’être organisés et préparés afin de mener à bien cette lutte… La Tunisie s’apprête à organiser de grands événements, tels que le Forum Social Mondial et on ne reculera devant rien’.
Entre temps, les clans commençaient à se dessiner devant le théâtre municipal de Tunis: les militants du mouvement d’Ennahdha avaient occupé les escaliers du bâtiment pendant les anti-Ennahdha étaient installés un peu plus vers le bas. La querelle a commencé par les échanges de slogans quand le camp anti-Ennahdha a commencé à scander ‘Rached Ghannouchi l’assassin celui qui cause la mort de tant de nos gamins’. Au bout de quelques minutes, le fan club du chef du mouvement islamiste ont eu du mal à cadrer leur colère et ont commencé à pousser ‘les autres’ voulant, entre autres, atteindre Basma Khalfaoui qui était au milieu du cercle. Quelques jeunes se sont vite emportés et une énorme dispute a éclaté. Heureusement que les forces de l’ordre sont intervenues en vitesse en obligeant les deux camps à occuper deux parties de l’avenue différente. Sans cela, la journée aurait certainement connu un autre malheur.
La colère des anti-Ennahdha était complètement compréhensible après la journée hors du commun que l’on vient de vivre. Certains ne voyaient d’autres responsables de cette situation que les dirigeants d’Ennahdha dont la gestion du pays durant les trois premières années post-révolutionnaires amenant ce dernier au chaos.

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