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Le rouge à lèvres : C’ est aussi une arme de résistance et d’émancipation

  • Le rouge à lèvres : C’ est aussi une arme de résistance et d’émancipation

. “Mettre du rouge à lèvres, c’était vraiment se sentir femme…. une femme forte et tenace” Rachel Felder.

Le rouge à lèvres est, aujourd’hui, le produit cosmétique le plus vendu dans le monde : 27 rouges à lèvres à la seconde (je vous laisse faire le calcul) ! Mais, si ce petit bijou est adoré et porté par toutes, qu’en est-il de sa petite histoire ?
Le rouge à lèvres: une antiquité ?
L’histoire de ce petit bâton remonte à 5000 ans en Mésopotamie. Pour se colorer la bouche, les femmes écrasaient des pierres précieuses pour les mélanger ensuite à de la cire d’abeille (astucieux non ?).
Beaucoup plus tard, vers l’an -40, la reine Cléopâtre fabriquait elle-même son rouge à lèvres à base d’insectes. La recette : un peu de sang de cochenilles et quelques oeufs de fourmis (pour les plus téméraires) !

Le Xème siècle : le coup du bâton!
C’est au 10ème siècle, que le célèbre chirurgien et chimiste Abu Al-Qasim, connu en Europe sous le nom de Aboulcassis, inventa le bâton de rouge à lèvre. Mais en France, ce n’est qu’au 16ème siècle que le rouge à lèvres commence à se diffuser. Il était utilisé aussi bien par les femmes que par les hommes (et oui messieurs, vous aussi vous n’y avez pas échappé)!
En 1880, la marque Guerlain commercialise le tout premier “vrai” rouge à lèvres en stick que l’on connait aujourd’hui : le n°588 Ne m’oubliez pas.
C’est à partir de 1914 que les femmes vont vraiment commencer à se maquiller les lèvres. Leur mari parti à la guerre, elles sont obligées de rester seules et commencent à prendre, petit à petit, confiance en-elles. L’ère du rouge à lèvres est levée !
Le mouvement américain pour le droit de vote des femmes fait de la bouche rouge son emblème, et ses homologues à l’étranger l’imitent, explique-t-elle dans son livre. Le mouvement s’étend à l’Europe, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Les organisatrices britanniques et américaines partagent souvent des tactiques – manifestations, grèves de la faim et autres actions plus agressives – et cette solidarité gagne le maquillage. Inspirée par ses camarades américaines, la Britannique Emmeline Pankhurst se peint elle aussi la bouche en rouge et ce geste symbolique se répand chez les militantes.
En 1941, le rouge à lèvres est obligatoire pour les femmes engagées dans l’armée américaine et le reste jusqu’à la fin du conflit. Les marques de cosmétiques tirent profit de la guerre : Elizabeth Arden sort le Rouge Victoire et Helena Rubinstein le Rouge Régiment, entre autres. C’est cependant à Elizabeth Arden que le gouvernement américain demande de créer un rouge à lèvres et un vernis à ongles réglementaires pour les femmes militaires. Son Rouge Montezuma souligne la ganse rouge de leur uniforme.

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