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En temps de pandémie : l’attrait pour la nostalgie a bien une explication

  • En temps de pandémie : l’attrait pour la nostalgie a bien une explication

L’émotion ne pouvait se conjuguer au passé. Le confinement a finalement bousculé cette idée reçue : rediffusion de feuilletons, de matchs, films et émissions vintage… la télé est depuis le début de cette pandémie, en mode nostalgie.
Ce voyage dans le passé nous plaisait de plus en plus, une étude parue dans le Wall Street Journal affirme que nos habitudes musicales, dans le monde entier, sont tournées plus que jamais vers la nostalgie en temps de pandémie. Même les réseaux sociaux remontent le temps avec des vidéos des années 1990. A moins que vous n’ayez pas de comptes Facebook ou Instagram, vous n’avez pas pu passer à côté de ces nombreuses photos en noir et blanc de vos amis à 15 ans, de votre tante à 20 ans ou encore de vos cousins…
Une régression, une passion, une consolation ?
La nostalgie est une émotion particulière, plus sophistiquée que les émotions primaires comme la colère, la peur, la joie, la tristesse ou le dégoût. Elle est liée à la mémoire, et déclenchée par un souvenir. Ce qui la caractérise, c’est sa variabilité : un souvenir peut susciter des sentiments très différents d’un individu à l’autre, et selon l’état dans lequel il se trouve.
On cite souvent l’étude d’Alan R. Hirsch, psychiatre américain (« Nostalgia: A Neuropsychiatric Understanding,” – 1992) pour expliquer les mécanismes à l’œuvre dans nos cerveaux face à ces évocations d’un passé radieux : «la nostalgie est considérée comme le désir d’un passé idéalisé. Connue sous le nom de mémoire écran, c’est une combinaison de nombreuses mémoires différentes et intégrées. Toutes les émotions négatives sont filtrées dans le processus ».

Alors que l’époque actuelle nous semble un enchainement accéléré de changements qui nous font perdre nos repères, les souvenirs du passé sont au contraire des images simplifiées et rassurantes, propres à inspirer confiance. Il y a en effet une forme de douleur de ne plus avoir quelque chose, mais sans que cela s’accompagne toujours d’un ressenti négatif dans le présent. C’est une émotion assez paradoxale, en fait. Le sujet ressent un souvenir positif de ce qu’il a perdu, et cela lui suffit souvent à se sentir bien.

Les marques aussi, se sont très vite intéressées au concept de nostalgie pour pouvoir créer une connexion émotionnelle avec les consommateurs, mais aussi pour bénéficier de l’image positive associée avec un passé souvent enjolivé par le souvenir. Le fameux réflexe du « c’était mieux avant » confère ainsi des qualités précieuses pour les marques qui savent manier l’argument nostalgie en évoquant des souvenirs heureux auprès de leurs cibles.
Une nostalgie qui réunit toutes les générations :
Par sa capacité à activer les circuits cérébraux du plaisir et de la régulation émotionnelle, la nostalgie nous aide à mieux résister aux épreuves. Au point qu’il serait intéressant de l’utiliser en thérapie, de façon guidée
Autre atout de la nostalgie, elle permet de réunir plusieurs générations autour d’un évènement ou moment fondateur. De grands moments de communion qui se jouent aujourd’hui devant la télévision mais aussi sur les réseaux sociaux.

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