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Le coronavirus : Un test pour nos systèmes, nos valeurs et notre humanité

  • Le coronavirus : Un test pour nos systèmes, nos valeurs et notre humanité

Par Rim OUERGHI –
Le confinement général de la population a été assurément la meilleure option pour éviter la propagation du coronavirus, mais ce confinement constitue une pilule amère, difficile à intégrer les habitudes de la majorité des ménages dont l’instinct de survie les pousse à exercer une activité génératrice de revenus, à se débrouiller dans le dessein de faire face aux besoins physiologiques indispensables, à savoir se nourrir, qui est un des premiers médicaments dont le corps a besoin pour être sain.
En effet, les conséquences sanitaires du coronavirus, sont de loin les plus lourdes : La pandémie affecte tous les tunisiens, mais elle frappe le plus durement les pauvres, parce que ces travailleurs ne peuvent tout simplement pas se permettre de respecter le confinement et s’offrir le luxe de se protéger.
De ce fait, la crise sanitaire est entrain d’accentuer les inégalités qui existent dans la société. Ces inégalités-là qui, d’une certaine manière, faisaient partie de notre vie quotidienne avant le confinement, prennent une importance considérable avec la pandémie. Le coronavirus frappe d’abord les moins protégés de notre société.
Ces inégalités sont aussi biologiques et psychologiques. Biologiques, par ce que ce sont les âgés qui sont plus touchés que les jeunes, pour des raisons de défenses immunitaires différentes.
Psychologiques, parce que ceux qui, avant le virus, avaient acquis des facteurs de protection, ceux qui ont grandi dans une famille stable et sécurisante, ont un métier agréable, qui ont un bon réseau amical, ceux qui ont appris à communiquer, ceux-là vont téléphoner, lire, écrire, se remettre à la guitare, inventer des rituels, se débrouiller grâce à ces facteurs de protection acquis au cours de leur développement antérieur. Même après la crise, ils auront un processus de résilience facile à déclencher. À l’opposé, ceux qui ont acquis des facteurs de vulnérabilité, isolement sensoriel, carences affectives, mauvaise socialisation, précarité sociale et scolarité difficile qui vont ensemble, ceux-là auront plus de mal.
Mais une troisième dimension fait de la crise actuelle une crise au cube. Cette crise nous a mené certes, à tous remettre en question. On se pose, en effet, la question du sens de nos vies et de nos sociétés.
Le spectre de la mort et le changement brutal de nos habitudes interrogent ce que nous avons fait de nos vies, ce que nous aurions pu en faire, et ce que nous ferons du temps qu’il nous reste à vivre.v

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