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La parité au Maghreb : toujours en bas de l’échelle

  • La parité au Maghreb : toujours en bas de l’échelle

Nous vivons tous dans un monde où nous jouissons des droits civiques les plus fondamentaux mais ce qui est étonnant c’est que nous vivons encore et toujours dans un monde où les hommes et les femmes entretiennent des rapports sociaux inégalitaires aussi bien en ce qui concerne l’accès aux postes de décision, les niveaux de salaires pré-requis, les représentations politiques mais aussi le partage des fonctions au sein de la sphère domestique.
Se leurrer dans une affirmation qui évoque le progrès acquis par la région MENA au sujet de la parité homme-femme, est une tentative stérile de réprimander le développement des pays concernées. Au Maghreb, la parité des sexes  demeure un cheval de bataille et cela au détriment des textes de loi, de la constitution et des codes du statut personnel et de la famille qui sont théoriquement adoptés car, sur le plan pratique, la réalité creuse un fossé pour rendre les choses remarquablement non opérationnelles.
Ainsi, pour les femmes de la région du Maghreb le chemin demeure semé d’embuches en ce qui concerne le statut égalitaire avec l’homme. Face à une sous représentation autant politique qu’économique et culturelle, le combat pour une égalité complète est plus que jamais actualisée dans le contexte du dit printemps arabe.
En effet, le dernier rapport de la Banque mondiale semble révéler que les barrières juridiques et réglementaires entravant la participation des femmes à la vie économique ont diminué durant les cinquante dernières années. Cependant, les lois qui limitent l’activité économique des femmes se retrouvent en grande partie dans les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Dans le cas du Maroc, la représentation féminine sur le marché du travail est passée de 30% à 25% en 2012. Par ailleurs, 75% des femmes sont au chômage, contre 60% des hommes.

D’un autre coté, The Gender Global Gap Report (2013) publié par le Forum Économique Mondial, dont la finalité est de mesurer l’évolution de l’égalité entre les hommes et les femmes à l’échelle mondiale suivant des patterns de comparaison comme la réussite dans l’éducation, la santé et la survie , la représentation politique et la participation à la vie économique et les opportunités, postule que la région du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord est la seule à ne pas avoir amélioré son classement général en 2013. Le pays arabe le mieux placé de la région ce sont les Emirats Arabes Unis (109e) où la parité est atteinte sur le secteur de l’éducation.

Notons qu’en Algérie, un quota parlementaire donne lieu à un record de participation féminine au parlement avec 31,6%, présentant ainsi une proportion sans précédent dans la région MENA.
En ce qui concerne la Tunisie, The Gender Global Gap Report ne détient pas de données complètes pour l’année 2013.
Une autre révélation faite par le rapport «  Les Femmes, l’Entreprise et le Droit : Lever les obstacles au renforcement de l’égalité hommes-femmes » (Women, Business and the Law 2014 : Removing Restrictions to Enhance Gender Equality ) qui examine les réglementations défavorables aux femmes entrepreneurs et salariées dans 143 pays, prédit que sur 100 pays, les textes interdisant le harcèlement sexuel en milieu professionnel sont répandus — 78 pays ont légiféré sur ce problème et plus de la moitié d’entre eux l’ont érigé en crime. De plus, les législations sur les violences domestiques sont aussi largement répandues — 76 pays ont adopté des lois interdisant ces pratiques. En chœur avec les faibles progrès de la région du Maghreb en ce qui concerne la parité, l’Afrique du Nord compte le nombre le moins important de lois sur les violences domestiques.
Un état des lieux qui frôle le chaos pour la région du Maghreb concernant la question du genre et la lutte pour la parité homme-femme. Une sonnette d’alarme qui est tirée au milieu du vacarme du changement sociétal, des mutations identitaires et  des réformes politiques qui rappellent plus que jamais que le respect des droits de la femme passe par une réforme de l’éducation comme facteur d’intégration  afin d’optimiser l’autonomisation intellectuelle et psychologique et renforcer l’apport économique de celle-ci sur le marché du travail.

 Frida Ben Attia

DOSSIERS SPÉCIAUX